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Blé 11 décembre 2009 06:33

Il me semble que les professeurs ne sont pas responsables de l’éducation des élèves qu’ils ont devant eux. Ces élèves appartiennent à une société qui pour l’instant se moque complètement de l’ avenir des jeunes et des enseignants.

Mais aujourd’hui, peut-on encore appeler élève des jeunes qui sont depuis la plus petite enfance traité comme des « rois » ? Même dans les milieux les plus modestes, les désirs de l’enfant sont des ordres, ceci bien avant d’entrer en maternelle.

Un exemple : dans les familles de culture musulmane, j’ai pu constater à de multiples reprises qu’un petit garçon de 5 ans avait plus de pouvoir que sa mère au sein de la famille. Ce petit garçon à l’école maternelle rencontre une femme qu’il considère comme il considère sa mère c’est à dire c’est à la mère d’obéir pas à lui. Quand dans une classe vous avez 5 ou 6 bambins qui ne sont pas préparés à accepter « un vivre ensemble » d’une classe, la meilleure des enseignantes ne peut pas grand chose. Dès le C P ces bambins sont en échec scolaire alors que ce n’est pas le cas pour leurs soeurs.
Je sais que ce que j’écris ne plait pas ou peut être mal interprété mais c’est une réalité que peu d’adultes dans les milieux scolaires veulent admettre.
Ceci dit, il est évident que ce problème se retrouve dans des familles autres que de culture musulmane. Quand les parents sont traités comme des objets (de rentabilité) par une société où l’économie est un horizon indépassable, l’enfant est à son tour devenu un « objet » nécessaire aux commerces à tous les commerces.

Notre société, en général, oublie qu’éduquer un enfant prend du temps, beaucoup de temps. Quelle est la catégorie socioprofessionnelle qui peut accorder tous les jours à leurs enfants du temps pour expliquer, pour participer à la vie domestique, pour discuter, pour montrer que les adultes évoluent dans un monde remplit de règles, de lois et de codes ?

L’éducation d’un enfant passe obligatoirement par l’exemple car le processus d’apprentissage quand ils sont petits est le mimétisme : ils font comme les grands (enfants ou adultes). Souvent ce désir de grandir et de faire comme les grands tombe en friche devant les écrans (télé ou jeux).

Dans les milieux aisés l’éducation est différente, les enfants ont acquis le minimum requis de savoir être pour suivre un enseignement tel qu’il est organisé en France. Ces enfants feront parti de ceux qui gouverneront et décideront.

Pour les autres, la plus grande majorité, il faut simplement comprendre que « l’économie de marché » n’a pas besoin de citoyens mais de consommateurs dépendant non plus de leur jugement mais de ce que la classe dominante leur imposeront.

Le débat actuel sur « l’identité nationale » en dit plus sur l’avenir réservé aux jeunes des classes populaires que de grands discours. A l’heure où il y a du chômage, une casse sociale, un démentellement du programme du C N R, les responsables politiques ne trouvent rien de mieux de mettre en pâture à la colère qui gronde dans le peuple, un faux problème pour ne pas aborder « les vrais »problèmes.



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