Supprimer l’aide à la pierre pour la remplacer par une aide massive aux locataires (allocations renforcées : mais appelez cela « chèque » si vous trouvez que ça fait plus joli) pour en faire des clients solvables n’aurait d’autre but que de manoeuvrer pour relancer le marché du logement au profit des investisseurs et des bailleurs. Or, l’Etat n’a pas pour vocation de se soucier exclusivement de la bonne fortune de ces agents économiques. Il protège aussi les familles et les pauvres.
Si les propositions de l’auteur étaient suivies, l’Etat se retirerait du jeu laissant le locataire seul face à son propriétaire.
De plus la solvabilisation massive des locataires provoquerait une inflation du type spirale prix-salaires des années 80. Plus on donnait satisfaction aux salariés en augmentant leurs salaires et plus les prix montaient si bien que les salariés ne gagnaient rien de plus sur le long terme. C’était un cercle vicieux, une spirale que le gouvernement socialiste a fini par comprendre. Il a alors imposé le blocage des prix pour faire baisser l’inflation.
Je ne suis pas d’accord avec les auteurs. Le libre jeu de l’offre et de la demande ne réglera pas à lui tout seul la question de la pénurie de logements. Pas plus que les solutions de la Fondation Abbé Pierre. Si la solution miracle existait, on l’aurait déjà appliquée.
Finalement, on en revient toujours à cette guerre dogmatique : le tout marché contre le tout Etat : la droite contre la gauche. Une autre forme de spirale infernale...