Merci Salsabil pour cette réponse qui a l avantage d ouvrir le débat, et non de le fermer d une onomatopée désabusée si proche du fameux « bof » d autrefois.
L’auteur nous expose son malêtre face à son gain en maturité physique. Bien que l article ne nous apprenne rien, le sujet touche suffisamment d agoraverbeux pour être interprété comme un phénomène de génération.
Etre père, c est changer de peau, prendre une responsabilité et l assumer. Jusqu’à la génération née de la dernière guerre, le sacrifice de son l inconscience liée à l adolescence devenait alors naturel, et on gagnait avec fierté le statut d homme.
Chaque génération se doit de réinventer son environnement, mais il est temps une fois les expériences faîtes, d en tirer les enseignements pour les générations futures.
Or, ce malêtre en lui même est riche d’enseignements. Chaque âge a ses plaisirs et ses contraintes, mais faute d’avoir su muer à temps, on se retrouve en décalage avec soi même, en contradiction permanente avec le regard des autres.
Etre père, c est aussi donner la vie...accepter de mourir un peu pour que la prochaine génération puisse se développer. Quels sacrifices cette génération aura t elle concédé à la suivante ? Les cigales ayant dévasté les champs de blé, quelles ressources pour les générations futures ?
Si les jeunes générations sont obligées de squatter si longtemps chez leurs parents, ne serait ce pas parce que le chômage de masse et l inflation immobilière leur interdit toute prise d autonomie ? Ils auraient certainement aussi voulu pouvoir jouer les bohèmes sans souci du lendemain, assis sur la sécurité que leur aurait construit la génération précédente...
Ce qui s est perdu par rapport à la génération précédente, c est le souvenir de la privation et de la contrainte, qui obligeaient à la prudence. Contrainte qui poussait à l excellence. Comparez les élites d autrefois à celle d aujourd’hui, et si vous voulez rester sincère, vous ne pourrez que constater le fossé de richesse culturelle, de capacité d anticipation.
Et oui, la pensée est d influence jésuite, bravo, cela prouve un certain niveau de culture. Ce n est pas par hasard que les écoles jésuites ont contribué à former les élites d hier.
Le jeunisme imposé par la génération hédoniste a fait oublier que la maturité était richesse recherchée autrefois. La vieillesse, cette lenteur qui donne le temps à l écoute, à la réflexion, au conseil, attirait la curiosité de la jeunesse.
Perdue dans son absence de repères, cette génération est incapable de remplir ce rôle stabilisateur, les frimas de l automne de leur vie leur sont d autant plus pénibles.