@fhefhe : j’ai ramé pour trouver une photo qui pourrait illustrer (quel
verbe étrange) ce que je ressens, ce que je veux dire. Et puis, je me
suis souvenu du discours (?) de François Fillon, dimanche soir. Cousin,
au début, d’un certain Lionel Jospin. Marrant, d’ailleurs. Comme s’il y
avait une relation entre ce 21 mars et un 21 avril.
Bref ..
Il commence donc par dire qu’il "assume sa part de responsabilité et
qu’il .." ..
Non, qu’il ne se retire pas de la vie politique, mais qu’il en "parlera
demain avec le président de la République".
En langage politique, cela signifie que François Fillon nous annonce que
lundi matin, il présentera sa démission ainsi que celle de son
gouvernement (19 ministres battus, ça vaut bien une démission). C’est
évident.
Dans le quart d’heure qui suivit, Claude Guéant, par un
communiqué, fit savoir que François Fillon ne démissionnait pas. Mais
quelle précipitation, dites !
M’est avis que ça a dû tanguer et copieux, là-haut. On ne s’est pas dit
que des « amicaleries ».
Il est clair que Fillon voulait partir. Et c’est d’ailleurs son intérêt.
Dans la semaine, deux sondages indiquaient qu’il ferait un meilleur
candidat que Sarkozy à l’Elysée. Et je pense qu’il s’est dit, au regard
de cette déroute électorale, qu’il était temps de partir, quitter
Matignon, pour se préparer à la présidentielle de 2012 et constituer une
alternative au cas où .. Tant il sait que s’il continue aux côtés de
Sarko, il sera comptable de cette politique.
Mais rien à faire. Sarkozy
ne lui laissera jamais d’espace. Et le meilleur moyen de ne pas le lui
en laisser, c’est de le garder à Matignon le plus longtemps possible
(disons jusqu’au premier semestre 2011, après quoi, il nomme ... Lagarde) pour éliminer un éventuel candidat à sa droite. Le résultat, même s’il
était attendu, c’est justement une « droitisation » du gouvernement et un
compromis : on fait entrer un chiraquien, un villepiniste et un
centriste, bref, on réunit la « famille ». C’est du Fillon, pur jus. Mais
c’était le deal ..
D’où la photo qui sonne faux. Ces sourires de façade. Cette main dans la
poche ..