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@distance 4 avril 2010 22:01
@distance

« J’aime le paradoxe du hérisson : les hérissons se pressent les uns contre les autres pour avoir chaud, mais s’ils se serrent trop, ils se blessent et meurent. Les voisins, c’est pareil. »

je vous signale un super bouquin
Propriétés privées de Pascale Fonteneau - Actes noirs

Un lotissement comme il en existe des milliers en France. Depuis que les Durant se sont fait cambrioler et que leur femme de ménage a eu la frousse de sa vie, les habitants ont organisé des rondes nocturnes dans le quartier.

Ce soir-là, durant leur maraude, Henri Frot et Robert Donnay tombent sur un cadavre encore chaud, près de la station-service désaffectée. Comme d’habitude, c’est Robert qui prend les choses en main, et à eux deux ils balancent le corps dans une rivière. Pas question d’attirer inutilement les soupçons des flics ou de prêter le flanc aux critiques des journalistes sur leurs « patrouilles de la trouille ».

Le lendemain matin, la police frappe à la porte d’Henri : on a retrouvé un corps dans le coffre d’une voiture, elle appartient à un de vos voisins, vous l’avez vu hier ?
Les cadavres, ça fait désordre dans le quartier, où tout le monde se connaît et s’apprécie... ou feint de s’apprécier, écoeurant de sollicitude.

Henri Frot, la cinquantaine au chômage, vit ici depuis des lustres mais ne connaît pas grand-monde. Encore moins depuis que sa femme l’a quitté, du jour au lendemain, après trente ans de mariage. Il n’a jamais voulu d’enfant, peut-être parce que lui-même n’a jamais véritablement passé le cap de l’âge adulte.
C’est un type veule, pusillanime, passif, qui retrouve un peu de frisson et de fierté à la nuit tombée, durant ses patrouilles avec cette grande gueule de Robert. Le reste du temps, il patauge dans sa médiocrité, s’invente des histoires, s’imagine en héros courageux, en grand séducteur.
Henri le falot n’est pas méchant pour un sou mais tellement méprisable. On finit malgré tout par se demander : mince, si on avait tous en nous quelque chose d’Henri Frot ?

Des secrets qui remontent à la surface, des amitiés suspectes, des disparitions subites : Pascale Fonteneau s’amuse à faire voler en éclats ce théâtre des apparences, dans cette fable grinçante où les rapports de voisinage peuvent dire beaucoup sur la nature humaine, entre hypocrisie, faux-semblants et mesquinerie.

Cosmic j’te pluch.. euh plusse smiley pour l’équilibre



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