Bonvèprè,
M’en allèrou à la féro dè Barbéro, lès dinou, lès goutou, lès soupou, mè lès arrestou pas.
M’en revinguèrou, trovèrou la miro au tisou qu’ayo bien mâ dès vintrou, li faguèrou un bulyirou dès cundurou què l’y coupit lou mâ dè vintrou coummè un cop dès garou.
C’était dans ma langue, celle de mes ancètres hauts occitans, titulaires du terroir depuis toujours.
Traduit dans la nouvelle langue, ça donne :
Je m’en allais à la foire de Barbières, j’y dinais, j’y goûtais, j’y soupais (en français littéraire : j’y déjeunais, j’y goûtais, j’y dinais). Je ne m’y arrêtais pas.
J’en revins, je trouvais la chatte près du foyer qui avait très mal au ventre, je lui fis un bouillon gras qui lui guérit le mal de ventre comme un coup de bâton.
On peut décrier avec raison les langues régionales qui sont (étaient) beaucoup moins riches que le français, mais il ne faut pas masquer ce qui a été détruit en même temps : la biodiversité humaine, les savoir-faire associés, les pensées originales, l’estime de soi, le sentiment de sécurité lié au ressenti des siens, etc... Je crains que la perte ne soit lourde, notamment en terme de santé mentale/psychique.