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Luc Paul ROCHE 12 mai 2010 05:17
Luc Paul ROCHE

@ l’auteur

Bonjour !

Je partage vos inquiétudes concernant la prédominance du pédagogisme et du puérocentrisme, toutes choses qui me semblent en effet être contraires aux valeurs républicaines.

Par ailleurs je viens de lire votre article le plus célèbre, qui m’a inspiré malgré tout quelques critiques, non sur le fond (il faut arrêter la folie pédagogiste) mais sur les références (vous attaquez Jean-jacques Rousseau à tort).

Voici le commentaire laissé sur votre article « Pédagogisme, consommation et hystérie »

[je me cite]

Bonjour M. de Trevarez

Je partage bien évidemment vos critiques du pédagogisme que je n’hésite pas à assimiler moi-même à une maladie mortelle des institutions scolaires (et pas que des institutions scolaires d’ailleurs).

En revanche, il y a dans votre article, une faute philosophique qui me chiffonne toujours un peu. Vous assimilez le pédagogisme au rousseausime et à l’idéologie libertaire. Or, Rousseau n’a jamais été ni pédagogiste ni libertaire. « Emile » nous présente un précepteur qui n’est pas un professeur, et qui n’est pas un laxiste, et la pensée de Rousseau ne porte pas sur l’institution scolaire. Par ailleurs, Rousseau, le plus éminent penseur républicain, peut-être le seul (le « Contrat social » est son œuvre majeure, et oubliée, sauf peut-être par les profs de philo qui le traitent chaque année) n’a jamais au grand jamais soutenu de positions libertaires, fustigeant même l’anarchie au sens étymologique du terme. Rousseau est parfaitement conscient de la versatilité humaine, et il affirme inlassablement que la république doit se doter d’une force suffisante (institutionnelle et réglementaire) pour faire respecter le droit qui, lui même, n’est que la traduction de l’intérêt général, supérieur en valeur aux intérêts particuliers.

Bref : pour attaquer le pédagogisme, ce que je fais aussi, il nous faut relire Rousseau, et non penser que Rousseau en serait l’origine.

En outre, Rousseau n’est en aucun cas l’auteur de la platitude « l’homme est né bon et la société l’a perverti ». Chez Rousseau l’homme n’est ni bon ni mauvais, il est indéterminé si on le considère en dehors de tout artifice social ; ensuite, tout dépend, c’est vrai qu’une société mal construite fabrique des pervers ou des victimes si l’on peut dire ; mais encore nous appartient-il de fonder et de défendre la république ; c’est à la promotion des valeurs républicaines que Rousseau appelle constamment dans le « Contrat social ».

Voilà.

En espérant que ce petit cours de philo ne vous a pas ennuyé.
[fin de citation]

Bien cordialement.

Luc

 smiley



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