Bon eh bien j’en profite...pas de raison de laisser la parole aux seuls sociologues « officiels », non ?
Olivier Bailly : Est-ce qu’il y a conflit entre la
génération vieillissante, celle qui a voté pour Nicolas Sarkozy en
2007, et les jeunes ? Est-ce qu’on l’instrumentalise ?
Il n’y a pas de conflit entre deux générations, il y a un conflit entre deux sociétés totalement séparées l’une de l’autre, la société française historique, qui a subi les changements dus à mai 68 et la société « nouvelle » qui est celle des immigrés arrivés en masse de l’ex-Empire français et qui ne se sont plus francisés pour s’assimiler passées les années 70. Ces deux sociétés sont parfaitement incompatibles pour cause de cultures très différentes et la société nouvelle qui est celle des banlieues est en grave crise car elle dépend économiquement de la société française alors que cette dernière ne veut pas d’elle. La pauvreté vient du rejet des immigrés de la part des français, et la violence perpétuelle qu’on excuse de cette pauvreté vient elle-même du rejet de la part des immigrés envers les français. Si les racailles se comportent si violemment c’est d’ailleurs du à leur non-assimilation de la culture française et à leur assimilation de la sous-culture américaine. Ensuite pour l’instrumentalisation, tout politique instrumentalise ce qui l’arrange depuis toujours, ça n’est pas plus neuf avec les racailles qu’autre chose.
OB : Dans les faits vous expliquez qu’à partir de 1994 le code
pénal élargit les incriminations et accentue la répression envers les
jeunes. En clair on criminalise de plus en plus la jeunesse et des
comportements banals font maintenant l’objet de poursuites judiciaires.
Que s’est-il passé pour que la loi se durcisse à ce point envers les
jeunes ?
Très simple, la violence est devenue pandémique et normative. Etre violent en banlieue aujourd’hui, c’est normal. Voler, frapper et se battre physiquement est un devoir absolu dans la société banlieusarde pour les jeunes américanisés et débilisés au rap, et la violence naturelle qui a pris la banlieue n’a pas eu de réponse adéquate de la part de l’état, qui aurait du faire cesser l’immigration et éduquer à d’autres principes que ceux dictés par le mercantilisme les jeunes de banlieue. Plutôt que de réinstaurer une moralité dans cette société, le gouvernement a préféré refaire ce qu’il avait fait dix ans auparavant avec l’antiracisme : abandonner la banlieue à ses problèmes devant l’ampleur de la tâche. Ils ont criminalisé tout pour permettre à la police d’agir comme ils le voulaient mais n’ont pas réglé le problème à sa source : la différence profonde et intolérable entre les deux sociétés, la française et la banlieusarde.
OB : Vous mettez en cause certains médias. Vous les accusez
d’être les complices des politiques. « Ne se sont-ils pas mués,
écrit(Mucchielli), en metteur en scène des scénarios politiques ».
Là je ne veux pas vous décevoir, mais ils l’ont toujours fait. Une partie d’entre eux ont fait la Bienpensance et le soutien médiatique aux antiracistes tandis qu’une autre y résistait passivement. Eventuellement l’autre partie, sur la fin de vie de Mitterrand, ont repris de la présence médiatique et ont suivi le scénario de la responsabilité politique : l’état doit faire quelque chose contre la délinquance. Mais l’état n’avait déjà plus d’arme policière efficace contre, c’était trop tard passé 1990. Les médias n’ont fait que ce qu’ils ont toujours fait, répéter ce qui leur semble être du devoir de l’état.
OB : Pourquoi les jeunes des classes populaires, souvent issus
de l’émigration, sont visés par ces discours ?
Parce qu’ils sont coupables de ce dont on les accuse. Encore une fois les médias ne font que répéter ce qui leur semble normal. Ce sont eux qui ont le pouvoir politique puisqu’ils tiennent le pouvoir médiatique, et ils ne font et ne feront que répéter toujours ce qui leur semble juste de répéter. Dans le cas des racailles, ils répètent simplement que la délinquance doit être stoppée. Mais les mêmes médias critiquent toute action gouvernementale qui voudrait essayer de faire changer la société banlieusarde au nom du « droit à la différence » et à la « tolérance ». Pourtant ces deux sociétés sont incapables de se tolérer et il n’y a que par une assimilation ou une destruction de la société nouvelle que l’on arrivera à la paix dans ce pays. D’ici à ce que nous fassions l’une ou l’autre, nous sommes certains de continuer vers la guerre civile.
OB : La police n’est pas irréprochable dans ces quartiers...
Personne n’est irréprochable dans un schéma ou l’on doit appliquer une loi que personne ne respecte et qu’on est traité comme un ennemi partout où l’on va ! La police en banlieue est l’exemple même de la guerre à petite échelle qui se déroule entre France et Banlieues : les racailles essayent de descendre des flics à toutes les occasions, à tel point que la police a déserté beaucoup de quartiers et qu’elle ne garde plus que quelques points importants comme les grandes avenues, les mairies ou les palais de justice. Sinon, la police est absente de la banlieue excepté pour des rondes en voiture que les policiers doivent rendre quasiment furtives pour ne pas finir dans des bagarres avec des racailles en surnombre.
OB : La frénésie sécuritaire qui tient actuellement lieu de politique
n’est en réalité qu’une forme particulière de gestion de l’urgence,
écrit(Mucchielli) dans son ouvrage. Comment sortir de ce cercle vicieux ?
En assimilant les immigrés qu’on pourra assimiler et en refrancisant la banlieue. Sinon nous sommes certains d’aller à la guerre civile, il n’y a aucun doute là-dessus. Il faut désarabiser et désaméricaniser la banlieue, l’école et toute cette seconde société, sans quoi nous sommes sûrs qu’il faudra s’armer contre elle.
OB : Est-ce que s’en prendre aux jeunes d’aujourd’hui c’est
mettre au pas les adultes de demain ?
Oui, et le fait qu’il faille le faire avec la police indique déjà la violence à prévoir des rapports entre les citoyens français de demain.
OB : Ces actions sont aussi de plus en plus criminalisées
Ces « actions » tiennent surtout à des révoltes de bas niveau contre une société française qui ne réagit pas comme la leur, et qu’ils ne comprennent pas. Les manifestations et actions sociales n’ont au fond aucune valeur parce que leurs valeurs sont celles de la société banlieusarde, pas celle de la française. Or c’est la Française qui a l’argent dont a besoin la banlieue, et tant qu’elle n’aura pas ce qu’elle veut, des preuves de bonne volonté à respecter ses valeurs de la part des banlieusards, elle ne fera rien pour la banlieue.
OB : Cela favorise t-il la montée des radicalités ?
Les radicalités sont la seule échappatoire dans cette situation de conflit. Soit les deux sociétés partiront en guerre civile, soit avant cela la société française avalera et détruira la société banlieusarde. La question est toujours la même : le gouvernement changera-t-il totalement de programme et d’idéologie, quittera-t-il la Bienpensance aveugle et la politique de pourrissement de la situation, ou continuera-t-il jusqu’à la guerre ?
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