Tout ce que la Turquie a gagné dans cette affaire c’est que 600 000 touristes israëliens vont renflouer l’économie grecque, et que la coopération militaire bat son plein, désormais, entre Athènes et Tel-Aviv. Alors que l’Armée turque se sert de matériel israëlien et aura toutes les peines du monde à le remplacer.
Après de longues hésitations (j’ai été plutôt pro-AKP face au nationalisme parfois outrancier des kémalistes), je me demande si le gouvernement turc actuel ne fait que suivre la dynamique inévitable de toute formation qui secrète en son sein des partisans du retour à la chari’a. A un moment, le vernis tombe. l’Etat-AKP a neutralisé l’armée en se rapprochant de l’Europe et en démasquant une conspiration de militaires de haut-rang. Il peut désormais passer à l’attaque, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Alors, mise en oeuvre d’un plan longuement mûri d’islamiser la diplomatie turque, après avoir donné à la religion une visibilité comme jamais depuis la suppression du Califat en 1923 ? Ou réaction aux maladresses israëliennes.
Il est un fait que jamais la Syrie, par exemple, avec laquelle la Turquie a frôlé le conflit armé à plusieurs reprises, avec laquelle il existe aussi un litige territorial, n’a eu droit aux invectives que les néo-muzz du l’AKP déversent sur Israël en ce moment.