J’irai de mon petit commentaire à partir d’une expérience vécue.
Oui certes l’armée veille, du moins peut-on l’espérer sous une forme d’intelligence qui pourrait s’avérer supérieure, y compris, pourquoi pas spirituelle.
Adolescente mal peignée, soixanthuitarde convaincue, j’ai dans ma besace un trésor : l’école de la mer. J’ai fait partie des trop rares privilégiés qui ont fréquenté Jeunesse et Marine à ses débuts. Ecole ouverte aux filles après avoir été essentiellement réservée aux garçons, destinée à susciter des vocations de marins. J’ai ainsi embarqué quotidiennement sur « la Réale » à Hourtin - un deux mats à gambiller (grand voile, misaine, et tout un tas de voiles) inutile de dire que lors des manoeuvres c’est « un poste pour chacun et chacun à son poste » la discipline c’est l’évidence, tout comme devient évident l’esprit d’équipe. Il faut un commandant, disons « un chef de bord » dont la première qualité est d’avoir une voix qui porte, d’avoir une vue d’ensemble et d’interroger la veille. Un chef qui s’impose pour la circonstance. Pour gambiller (changer la voile de côté du mât) les voiles, il faut au moins 3 personnes : une aux écoutes, une qui affale la voile, une troisième qui s’occupe du point d’amûre (celui qui attache la voile au pied du mât) : personne ne pipe, on fait son boulot. Après la manoeuvre est éventuellement commentée, en équipe (équipage).
Cette expérience m’a servi tout au long de ma vie de famille et professionnelle, non pas dans ce dernier cas pour être reconnue - excepté par ceux qui ont le sens du bien commun - mais pour dépister les - souvent - graves dysfonctionnements de nos sociétés, et justement en particulier les incompatibilités fonctionnelles. C’est également une école de jugement. Si un supérieur « oublie » de préciser vos fonctions, soyez méfiants.
Car avoir le sens du bien commun n’amène aucune contrainte, bien au contraire. On peut même rester soixanthuitarde convaincue et mal peignée de surcroît !