
[…] cette façon presque masochiste qu’ont certains tiers-mondistes de considérer l’Occident comme systématiquement et par essence coupables de tout, tandis que les « colonisés » incarnent nécessairement la pureté révolutionnaire au point qu’on leur pardonne tout : l’archaïsme, le tribalisme, le népotisme, le sexisme et aujourd’hui le fanatisme. Un « militantisme expiatoire » pour se faire pardonner d’être nés blancs et donc d’appartenir, malgré eux à une civilisation jugée sous l’angle de l’impérialisme arrogant et du colonialisme et jamais sous l’angle des Lumières, de la laïcité et de l’universalisme.
Les damnés de la terre sont les islamistes aux yeux d’un certain tiers-mondisme expiatoire qui confond arabes et musulmans, musulmans et islamistes, islamistes et nouveaux révolutionnaires incarnant le camp des « colonisés » contre l’Occident colonisateur même s’ils rêvent d’un califat conquérant et s’ils sont sponsorisés par des pétrodollars.
Caroline Fourest. La tentation obscurantiste. Grasset. 2005.
Dans son livre,
La tentation obscurantiste, Caroline Fourest s’efforce de défendre les acquis républicains dans le désordre actuel en adjurant les formations de gauche de ne pas oublier leurs valeurs quand elles prennent part aux conflits politiques de l’immigration.