Salut Jaja,
Inutile d’argumenter avec No-Brain.
Son fond de commerce c’est l’antisémitisme et il vient de redécouvrir l’argument massue de tous les antisémites des années 30, la surreprésentation des juifs dans les cercles dirigeants de l’URSS.
D’ailleurs, à l’époque on remplaçait « Israël » par « URSS » pour imputer aux juifs une double-conspiraton, celle des banquiers, et celle d’un état violent et menaçant. En particulier l’extrême-droite U.S. genre Ford et Lindberg était très versée là-dedans.
No-Brain, tout content de lui, a enfoncé une porte ouverte. Bien sûr qu’il y avait beaucoup de Juifs chez les soviets. Pourquoi ? Parce qu’une politique de persécution systématique de la part du gouvernement tsariste avait rendu nombre d’entre eux réceptifs aux idées révolutionnaires et internationalistes. Pensez que le pogrome de Kishinev avait entraîné des protestations officielles de la part de la plupart des gouvernements mondiaux, dont celui de Théodore Roosevelt, qui a inventé pour le coup d’idée de l’ingérence.
En 1900, pour schématiser, ils pouvaient rester fidèles au régime qui les persécutait, soit devenir sionistes, soit devenir révolutionnaires.
Quand on met à mal l’assimilation (qui n’était possible, en Russie, qu’à condition de se convertir à l’orthodoxie), on crée forcément des dissidents.
Or les juifs étaient déjà surreprésentés parmi les intellectuels et les universitaires.
De là à imaginer que leur judéité en faisait les complices des banquiers, il n’y a que Totenkopf et No-Brain pour avancer cette hypothèse. Ou alors qu’on me démontre la collusion entre Trotski et Rothschild.
On trouve également beaucoup de juifs parmi les oligarques russes actuels...
Pour revenir à ton opinion, Jaja, c’est un peu facile de dire que l’URSS ce n’est pas le communisme... ou que la Terreur de 93 ce n’est pas la Révolution.
La dérive vient quand un groupe forcément minoritaire (ou d’avant-garde) s’empare du pouvoir et entend remodeler la société à sa guise. Très vite les méthodes deviennent totalitaires.
Alors que je crois plutôt à des modifications obtenues organiquement, par pression, revendication, qui s’inscrivent dans la continuité. Par exemple, je pense qu’on peut raisonnablement militer pour la réindustrialisation, le refus des délocalisations, la limitation des hauts salaires et le relèvement des bas salaires, la prise en compte des salariés dans les stratégies de l’entreprise, sans passer par un chamboulement sanglant. Ou purement utopique.