Tiberius,
Aucun problème pour moi, puisque je veux bien reconnaître la globalité d’un phénomène ainsi que l’enchainement de causes et d’effets.
On peut parfaitement considérer qu’un effet d’aubaine (la conquête de l’Amérique du sud par les conquistadores et les richesses énormes qu’ils ont pillées) a encouragé certaines classes marchandes à plus d’innovation, encouragées en cela par des princes qui y ont vu leur intérêt. N’oublions pas aussi que les expéditions marchandes avaient la même aura qui entourait les explorations et les conquêtes. Mais je crois à l’antériorité de la conquête du nouveau monde comme « booster ». Que par la suite on ait développé un véritable esprit d’entreprise, soit.
Alors que les aires de civilisation qui n’en ont pas bénéficié ont pu se replier sur elles-mêmes et stagner.
En fait je me range plutôt parmi les tenants d’une vision globale (école de Cambridge). Celle qui considère que nombre d’états indigènes (Mysore, Marathes, l’empire ottoman de Sélim II, l’Egypte de Mohammed Ali) ont adopté les mêmes méthodes que les Européens - mais pour différentes raisons n’ont pas pu l’emporter. A la différence du Japon, qui, lui, avait l’avantage d’être une île.
En somme, je reconnais sans problème le rôle éminent de l’Europe dans ce qu’on appelle le « progrès », mais à mon sens il dépend beaucoup de facteurs extérieurs - comme la conquête de l’Amérique.