"Les gens sont très légalistes, tu sais, et la plupart se disent que si
c’est interdit par une loi de nier le génocide nazi, c’est bien qu’il
est réel."
Il y a en effet deux aspects à cette loi. Celui-ci, considérant la portée morale, éthique, de sa promulgation projetée sur l’esprit des lois (optimiste, en outre, sur la psychologie humaine et celle des foules). Et puis l’autre, considérant sa nécessité historique, donc les racines d’une culture de la recherche, les racines d’une revendication à chercher, à poser, à nuancer le réel, patiemment, méthodiquement, scientifiquement sans que cette science ne s’érige dans le marbre ou sur les parois des cavernes.
Or il se trouve que les gens, s’ils sont optimistiquement très légalistes, ce qui reste à prouver (!), et il se trouve que la morale ne saurait régir le droit qui se préoccupe de régulation sociétale voire d’éthique, mais pas de notre morale à tous qui, confrontés à lui, souffrons le plus souvent de sentiment d’injustice morale et psychologique, sont également très perméables aux discours victimaires entretenus par les négationnistes, et que ces derniers ayant quoi qu’il en soit la possibilité de s’exprimer (hier sous cape, aujourd’hui sur le Net), qui plus est sous couvert de leur victimisme, une mesure - sans même aborder les objections des historiens - sont également sensibles au Secret, à l’Invisible, à l’Indicible, la loi Gayssot créant en ce sens toutes les conditions requises.