Non, pour commercer en toute quiétude, il faut simplement qu’aucune flotte ne revendique de pouvoir interdire le passage. C’est cela que signifie « libre circulation des mers ». Or, au 19e siècle, la Royal Navy était celle qui se chargeait de lutter contre les pirates ou de réprimer tous les pays qui tentaient d’avoir leur mot à dire sur leur propre territoire maritime ( telle était la mentalité de l’époque ).
Ici, nous nous trouvons dans un domaine diffèrent. Quand Perry est arrivé à Tokyo, son but (ainsi que celui du gvt US ) était d’ouvrir le Japon qui se maintenait dans une politique officielle d’isolement. Bien sur, à l’époque, tous les pays occidentaux utilisaient la très efficace politique de la canonnière, mais un fois ces accord obtenu, les États-Unis se sont quasiment désintéressés de l’Asie. Tant que l’on pouvait faire du commerce, tout allait bien. Au pire, en cas de problème, la Royal Navy était là.
Les pays européens au contraire se sont beaucoup plus investis au Japon. La quasi-totalité des interventions militaires contre les clans Japonais ( généralement ceux de Shôchû et Satsuma ) ont été réalisé par les Européens ( et souvent à la demande d’une faction japonaise rivale ).
La modernisation Meiji qui à suivi au Japon s’est d’abord faite ( outre les considérations de politique intérieur ) contre les Européens, qui si ils n’ont jamais tenté d’occuper le Japon, ni même de le soumettre, s’arrangeait très bien d’un pays faible à qui on pouvait imposer quelques diktats, et qui, en dépeçant la Chine n’avaient pas vraiment une réputation rassurante. Les Américains, eux étaient pour les Japonais une menace assez peu présente, voire qu’on pouvait utiliser pour faire un peu contrepoint aux Européens ( si Le dernier samouraï est un film absolument lamentable du point de vue historique, il illustre au moins bien la chose par les mots d’un représentant japonais : « Mr l’ambassadeur de France, si vous n’êtes pas content du contrat, j’ai l’ambassadeur US dans la pièce d’à côté qui sera enchanté » ou vice-versa ). Le fait que la politique des États-Unis envers la Chine ait été celle de l« Open Door », de maintien de l’état chinois et du commerce avec lui, et qu’ils n’aient quasiment pas participé à son dépècement ( ils furent même parmi les premiers et les plus importants soutien du rétablissement de ses frontières douanières contre la majorité des pays Européens ( qui s’y rallièrent à la fin des années 20 ) et de la fin des concessions occidentales en Chine ) permit également d’apaiser la plupart des inquiétudes à leur encontre ( sans tomber non plus dans l’angélisme, il y a bien eu une implication US en Chine intéressée )
Ce n’est qu’après avoir écrasé les deux puissances proches, la Chine et la Russie, et s’etre fait respecter des autres puissances européenne ( l’alliance avec la Grande Bretagne fut faite avec les deux pays mis sur un plan d’égalité, ce qui était une première à l’époque entre une puissance non « blanche » et une nation européenne ), que les États-Unis et le Japon commencèrent à se voir réciproquement comme possible adversaires dans le pacifique ( et que la couleur orange fut attribué pour désigner le Japon dans les plans de l’US Navy, d’où le War Plan Orange ). Mais jusqu’en disons 1910, une fois passé le choc de Perry, les relations USA-Japon seront extrêmement cordiales, et resteront amicales jusqu’à l’invasion de la Chine en 1931.
Le contentieux Japon-Etats-Unis avant la seconde guerre mondiale reposait sur la Chine ( un peu, et surtout par pression du public US qui avait clairement pris parti pour les Chinois ) et surtout par l’expansionnisme Japonais vers le Sud Est Asiatique, associé en plus avec l’alliance avec Hitler. Roosevelt n’aurais pu admettre que les Japonais frappent dans le dos l’Angleterre qui lutte déjà à mort, et ne pouvait dépêcher de forces pour défendre ses vitales et vulnérables possessions de la région , sans même parler des intérêt américains propres dans la région, considérables.
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