Voici un petit extrait pour l’édification de l’auteur :
Mais elle estime que les démocraties occidentales tendent à devenir a ingouvernables". Les hommes de la Trilatérale le disent clairement dans leur rapport, The crisis o f Democracy
a Plus un système est démocratique, plus il est exposé à des menaces intrinsèques 2. "
La Trilatérale cache à terme
sa préférence pour une « population marginale », qui n’aurait pas voix
au chapitre, ne participerait pas à la vie politique. Souhaiterait-elle
un nouveau prolétariat formé d’immigrés, mal payé et plus docile ?
" Cette marginalisation est, en
elle-même, antidémocratique, mais elle fut l’un des facteurs qui ont
permis à la démocratie de fonctionner normalement s " (lisez : qui ont permis aux oligarchies de régner sans partage).
Constatant
que l’ " autorité fondée sur la hiérarchie, la compétence et la fortune
(...) a été soumise à une rude attaque’ ", elle regrette visiblement
que la grande bourgeoisie, au pouvoir en France depuis la Révolution de
1789, ne soit plus l’assise du système et que les classes moyennes et
populaires acceptent mal, désormais, sa tutelle. Elle ne redoute pas "
une subversion intérieure de droite ou de gauche, bien que ces deux
risques puissent exister ", mais elle s’inquiète du danger que
représente " la dynamique interne de la démocratie elle-même dans une
société hautement scolarisée, mobilisée et participante
Il
importe donc de mettre un terme, d’urgence, à cette situation
dangereuse. De même qu’il y a " des limites potentielles désirables à la
croissance économique « , il y a » des limites potentiellement
désirables à l’extension indéfinie de la démocratie politique’ ".
Que faire ? Tout simplement,
bâillonner les individus qui, par la parole ou par l’écrit, s’en
prennent au système établi par la démoploutocratie
" Un défi important, souligne le
rapport de la Trilatérale, est lancé par les intellectuels et par les
groupes proches d’eux, qui affirment leur dégoût de la corruption, du
matérialisme et de l’inefficacité de la démocratie, en même temps que de
la soumission des gouvernements démocratiques au capitalisme de
monopole. "
Les ploutocrates se sentent plus menacés aujourd’hui par
ces critiques indépendants qu’ils ne l’ont été, dans le passé, " par
les cliques aristocratiques, les mouvements fascistes et les partis
communistes« ».
Leurs dirigeants regrettent que la
presse, par exemple, échappe trop souvent à leur contrôle et que des
journalistes " tendent à s’organiser pour résister à la pression des
intérêts financiers et gouvernementaux’ ". Pour éviter ces inconvénients
majeurs, il faut donc agir de telle sorte que le gouvernement,
influencé par les forces politico-financières, conserve " le droit et la
possibilité pratique de retenir l’information à sa source
En
clair, la Trilatérale souhaite que la presse libre soit muselée comme
le sont déjà les grands journaux quotidiens et magazines, étroitement
domestiqués par la publicité, c’est-à-dire par les oligarchies
financières qui leur fournissent les subsides sans lesquels ils ne
pourraient vivre. Si bien que la Trilatérale préconise une loi spéciale,
analogue à la loi antitrust qui existe dans certains pays
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The Crisis of Democracy : Michel Crozier, Samuel Huntington,
and Joji Watanuki, 1975
Samuel Hutington, l’auteur également du « Choc des civilisations ».