Je le répète, la croissance à deux causes :
- l’augmentation de la population active
- les gains de productivité
La cause des gains de productivité c’est la modernisation de l’appareil de production suite aux progrès techniques, et les gains potentiels sont d’autant plus élevés que l’écart entre l’existant et le nouveau est important. C’est ce qui s’est passé après guerre pour l’Europe qui a du rattraper le situation provoquée par la guerre (destruction + obsolescence de l’appareil de production), depuis que ce rattrapage s’est terminé à la fin des années 60, les gains de productivité plafonnent à 1,5%/an parce qu’il faut bien amortir les investissements et qu’il n’est pas rentable de changer son appareil de production tous les 2 ans (par exemple une chaine de fabrication de moteurs est faite pour durer jusqu’à la fin de la production du modèle considéré soit 15-20 ans, donc durant cette période la productivité de la chaine variera peu).
D’autre part, la tertiairisation de l’économie est frein à l’augmentation de la productivité, parce que les services sont plus difficiles à automatiser (développement informatique, médecine, restauration, tourisme) , voir quasiment impossibles pour certains (aide à la personne, enseignement, expertise,...). Donc plus on va vers une société de services, ce qui bien est notre cas avec le développement des services à la personne, la santé et du tourisme dans la période précédente, moins la productivité augmente et plus le revenu moyen stagne.
Enfin, l’augmentation de la productivité n’offre pas toujours la garantie d’un augmentation des revenus comme le montre le cas de l’agriculture qui a vu sa productivité multiplié par 10 en 50 ans soit 5%/an en moyenne (et la sidérurgie).
La forte croissante des pays émergents est due au fait qu’il partent de très bas et qu’il sont en rattrapage comme le montre le PIB moyen par personne (1/10 de celui du français pour un chinois). Par exemple, si vous mettez entre les mains d’un agriculteur des semences dernier cri, des engrais, des traitements et des machines les plus modernes et que vous lui donnez 3 fois plus de surface, sa productivité est instantanément multipliée par 10 si ses méthodes précédentes sont ancestrales.
Pour revenir à la France, l’éradication du chômage d’ici 40 ans n’apporterait que 0,25% de productivité supplémentaire (en admettant un chômage réel de départ de 15% et final structurel de 5%). Donc 1,5+0,2=1.75% si on est optimiste.