à Bébé : « ou passe le fruit du gain de productivité ? »
Dans le cas de l’agriculture, il ne passe nulle part car il n’y a pas plus de fruit. En effet il ne faut pas confondre gain de productivité et de gain de compétitivité :
- le gain de productivité c’est : il faut moins de personnes pour produire la même quantité (par exemple avec des machines plus puissantes, une meilleure organisation ou un procédé plus rapide) ce qui ne préjuge pas d’une augmentation des revenus
- le gain de compétitivité c’est : le prix de revient unitaire des produits fabriqués diminue, il est obtenu en général par l’effet d’échelle (optimisation de l’utilisation de l’outil de production et de distribution) et l’amélioration de l’efficacité (diminution de la quantité de ressources nécessaires ou utilisation de ressources meilleur marché) ce qui ne préjuge pas d’une augmentation de la production
Et si on se réfère aux théories économiques en vigueur, pour une production donnée l’augmentation de la production dans les mêmes conditions se fait au détriment de la compétitivité car le coût des productions additionnelles tend à augmenter (intrants plus difficiles à obtenir donc plus cher) tandis que le prix de vente tend à diminuer (menace de surproduction donc baisse des prix). Pour que le coût de production n’augmente pas il faut un progrès voire une rupture technologique amenant évidemment une diminution des coûts, pour que le prix de vente ne diminue pas il faut élargir le marché. Dans l’agriculture ces deux conditions ne sont plus remplies depuis 30 ans au point qu’actuellement une grande partie subit à la fois l’augmentation de ses coûts (énergie, engrais, pression climatique) et la diminution de ses prix de vente, les espoirs placés dans les OGM et les bio-technologies en général ayant été déçus car ils ne sont pas pour le moment des facteurs de réduction de coût significatifs.