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Jowurz 11 novembre 2010 12:48

Bonjour Lecomte et Mohamed Bouhouch

Je ne partage pas l’analyse qui est faite dans cet article.

L’auteur n’a pas compris ce qu’est le rôle du Président ou plutôt la définition du candidat à la Présidence. A en juger par le code électoral le Président n’est, définivement, pas un homme qui représente un parti, peu importe qu’il y ait ou non des primaires pour soutenir un candidat plutôt qu’un autre au sein de ceux-ci.

Le candidat à la Présidence c’est un homme par définition indépendant qui bénéficie d’une association de financement pour sa campagne électorale et non des finances exclusives d’un parti politique. Ce n’est pas le Parti qui le présente aux élections mais lui-même qui brigue les suffrages de ses compatriotes.

Afin de limiter les candidatures il doit recueillir l’aval d’un certain nombre de maires dans un certain nombre de départements ou territoires de la République.

Ceci ne semble pas entrer dans la tête de nos compatriotes qui s’imaginent à tort voter pour un grand chef qui userait de tous les pouvoirs et colligerait à lui seul la souveraineté nationale. Cette image est fausse complètement fausse. Ceux qui critiquent le prétendu régime présidentiel de la Vème république n’ont probablement jamais lu la Constitution.

Le Président n’a aucun pouvoir exécutif ou législatif, c’est un arbitre entre les pouvoirs. Il nomme le premier ministre en validant le résultat des élections législatives sur lequel repose l’action d’un Gouvernement qui ne saurait mener une politique sans la confiance des représentants du peuple qui votent lois et budget. Le président peut négocier tous les traités possibles, ceux-ci ne sont ratifiés qu’après une décision du peuple ou de ses représentants. Il peut donc être désapprouvé, souvenez-vous du traité constitutionnel . Hors celui de dissoudre la Chambre sous certaines conditions, le seul pouvoir temporaire du Président est le recours à l’article 16 pour autant que les conditions soient réunies, c’est-à-dire que les institutions ne fonctionnent plus régulièrement et que les pouvoirs publics soient paralysés. 

Il ne saurait, constitutionnellement désigner, les ministres, c’est le rôle du Premier Ministre comme celui de déterminer et conduire la politique de la nation. Les périodes de cohabitation ont montré les limites du mandat présidentiel. Que les électeurs s’en souviennent !

La fonction présidentielle a conservé les caractéristiques issues de la IVème République en y ajoutant entre autres celui de dissoudre la chambre, l’article 16 et surtout, depuis 1962, en introduisant la désignation du président par le suffrage universel. Le pouvoir présidentiel est un mythe qui n’exprime aucune réalité constitutionnelle. Tous les présidents l’ont utilisé pour abuser du pouvoir. Ils ont, tous ou presque, outrepassé leur fonction et violé la Constitution avec la complicité du Parlement au détriment du peuple et de la démocratie. Il est temps que les électeurs en prennent conscience.

Qu’il y ait ou non des primaires à l’UMP est sans le moindre intérêt pour la démocratie. Les militants de l’UMP, comme ceux des autres partis, ne représentent qu’une infime partie du corps électoral. Pourquoi décideraient-ils, à eux seuls, de l’avenir de la France ?

Ne nous trompons pas de débat, la démocratie a peu à voir avec les partis même si, héritage de la IVème république, la constitution mentionne leur rôle à l’article 4. En revanche les partis, grâce aux finances publiques, sont devenus des soutiens puissants pour tel ou tel autre candidat et faussent l’équilibre entre les compétiteurs.

Il faudrait mettre tout le monde sur un pied d’égalité et interdire la publicité privée pour les campagnes électorales quelle que soit leur nature. Cela profite, avant tout, aux médias privés et à personne d’autre si ce n’est au candidat qu’ils soutiennent. Cela, ils peuvent le faire à leurs propres frais, dans le respect de la loi électorale.  
   



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