Dans la plupart des discussions autour de la liberté d’expression, on bute très rapidement sur la formule « on n’a pas le droit de dire n’importe quoi, de dire des contre-vérités ». Le débat public exige pourtant, pour être démocratique et efficace, que l’on ne fasse pas de la vérité supposée des propos le critère a d’un droit à la parole.
La vérité des propos n’est pas plus le critère du droit à la parole que l’innocence du mis en examen n’est le critère du droit à l’avocat et à un jugement en contradictoire. On n’invoque jamais l’horreur du crime pour supprimer ou limiter ces droits de la défense et le droit à un procès en bonne et due forme ; mais dans le domaine politico-intellectuel, il suffit que des propos soient déclarés « inacceptables » par une petite caste associativo-médiatique qui trépigne son indignation pour que toute argumentation soit abandonnée, et exclue des grands médias.
http://laconnaissanceouverteetsesdetracteurs.blogspot.com/2009/03/liberte-dexpression-et-politiquement.html