• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Walid Haïdar 6 janvier 2011 10:17

Bonjour Olivier,


quelques remarques :

Si Stanley Mayer intéressait la Nasa et le Pentagone, ainsi que des scientifiques de haut niveau, c’est que ses inventions étaient dignes d’intérêt. Je n’ai aucun doute là-dessus.

Il est certain que si un système permettait, avec un rendement TOTAL comparable ou supérieur au rendement du fioul, de faire avancer des voitures, ou de faire fonctionner toute autre machine, ce serait une vraie révolution, dans la mesure où cela nous permettrait de diminuer et de quitter progressivement notre état de pétro-dépendance, MAIS à condition que la source d’énergie soit renouvelable. Or ce que vous exposez n’a pas pour source d’énergie l’eau. Absolument pas. Dans ces modules, l’eau est un intermédiaire entre la source d’énergie et le moteur. Au lieu de faire avancer directement la voiture avec l’électricité, on la fait avancer avec l’hydrogène produit grâce à l’électricité. Mais il n’y a aucun miracle là-dedans. Ca s’appelle l’électrolyse et c’est vieux de plus de deux-cent ans, même si on a certainement amélioré le procédé. Je répète ceci dit que ce pourrait être très intéressant, mais il faudrait que la SOURCE d’énergie électrique soit renouvelable et propre. Si l’électricité vient du nucléaire ou du pétrole ou du charbon, je ne vois pas l’intérêt, à moins d’un rendement sensiblement supérieur à celui du moteur à essence.

Par ailleurs, et c’est très important : je ne comprend pas le rapport avec « l’énergie du vide » ou encore votre introduction « cela s’appelle faire de l’énergie avec du vide ». Il n’y a rien dans ces systèmes qui suggère une quelconque faculté de « tirer » de l’énergie du « vide ». Le principe de conservation de l’énergie nous indique qu’au final, on ne produit jamais d’énergie, en fait, on ne fait qu’en perdre, car le second principe de la thermodynamique nous enseigne (et ce n’est pas un principe périphérique, mais un principe d’une profondeur absolue), que tout travail accroît le désordre, autrement dit, qu’il y a toujours dissipation d’une partie de l’énergie sous forme de chaleur. Lisez bien, c’est intéressant à comprendre : on ne produit jamais d’énergie ! On extrait de l’énergie de notre environnement, dont on utilise une partie qu’on a pu canaliser adéquatement, et on perd l’autre partie, en général sous forme de chaleur.

Ce que l’on fait avec le nucléaire, et c’est pourquoi c’est très puissant (mais horriblement dangereux et polluant), c’est qu’on TIRE de l’univers de l’énergie à partir d’atomes que l’on brise, et on transforme ainsi de la matière en énergie que l’on exploite (toujours avec de grosses pertes sous forme de chaleur (à peu près égal au déficit de rendement des turbines) et même d’énergie cinétique de vapeur d’eau). C’est actuellement, la forme la plus puissante d’énergie, au sens où elle utilise une très faible quantité de matière première pour une énorme quantité d’énergie. La fusion est plus puissante et infiniment plus propre (selon les atomes utilisés), mais non encore maîtrisée (officiellement en tous cas).

avec le fioul, et AUSSI avec les systèmes à eau que vous évoquez, il s’agit de tirer ou convertir de l’énergie à partir de transformations chimiques, d’un ordre infiniment inférieur à celui du nucléaire.

Alors vous évoquez l’énergie du vide. Pourquoi pas. Ce serait en effet l’énergie ultime. Tirer l’énergie du vide serait bien pratique. La conception classique du vide, est ce qui est constitué de... RIEN. Donc on aurait du mal à en tirer quoi que ce soit. Mais si le vide « perceptible » (si j’ose dire) était autre chose que « RIEN », par exemple s’il s’agissait d’une forme intriquée de matière et d’antimatière, on pourrait envisager d’en tirer de l’énergie en faisant réagir matière et anti-matière. Et là les ressources seraient d’un ordre infini à notre échelle, infiniment plus fort que le nucléaire. Ceci étant, on est là dans la pure spéculation et science fiction. C’était juste un exemple pour dire que ce que vous appelez l’énergie du vide :
1/ n’a rien à voir avec le moteur à eau
2/ on ne sait pas vraiment ce dont il pourrait s’agir, d’un point de vue cosmologique et physique

L’autre voie, infiniment plus modeste, est celle de Nicolas Tesla et de sa voiture utilisant l’énergie du champ magnétique terrestre : pourquoi pas... Pourquoi pas envisager d’utiliser cette source monumentale et globale d’énergie ? A ma connaissance, on sait pas faire (ou très mal), mais je ne doute pas qu’on ne perdrait rien à lancer plus de recherches là-dessus. Mais tant que les industries et les militaires auront la main mise sur la science, rien qui ira dans le sens de l’émancipation et de la paix ne verra le jour. Nos forces sont entre les mains de psychopathes, et c’est ça le seul problème (mais de taille...)

Comme vous, je suis absolument conscient que les industries ont parfois, et peut-être même de plus en plus tendance à écarter ce qui pourrait être dangereux pour le système, et donc à étouffer l’innovation réelle (je ne parle pas des 10 milliards de dentifrices différents et des rasoirs 10 lames, des nouvelles marques de corn-flakes et autres barres chocolatées, des médicaments inventés ensuite pour soigner les maladies produites par toutes ces cochonneries...), et à saboter autant que possible tout ce qui pourrait augmenter l’autonomie de la société vis-à-vis d’elles.

Ceci est évident, mais ça ne permet pas de tout confondre, s’il vous plaît, ne nuisez pas à une grande cause, à LA grande cause de l’autonomie, avec des confusions grossières, probablement involontaires vous connaissant un peu.



Palmarès