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bluebeer 22 janvier 2011 09:47
bluebeer

Rebonjour Ariane,

je ne résiste pas au plaisir d’ajouter un 355ème (?) commentaire, d’une part pour augmenter votre record personnel, d’autre part pour vous faire partager ce lien :

http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2011-01-21/bart-a-toujours-raison-816726.php

Bart de Wever est ce leader flamand qui phagocyte complètement la vie politique belge, et au sujet duquel astérix avait récemment publié un article sur AV (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/plus-diabolique-que-le-pen-81277). Où d’ailleurs le susnommé Bart était photographié avec une trognonne petite bouille de premier communiant aux côtés de papa Le pen.

Bref, Bart, c’est un peu le Marine flamand, ses supporters projetant sur lui tous leurs espoirs de réparation pour leur vie misérable, leurs frustrations antérieures, présentes et à venir. Leur soutien est inconditionnel, et comme dit l’article, très émotionnel. D’où le raccourci flagrant entre l’homme et la rue, que cette dernière n’appelle plus que par son prénom ou ses initiales.

Bart c’est robin des bois, thyl ulenspiegel, el lider maximo, ein volk, ein reich, ein fuhrer. C’est le gars qui va les sortir de la merde et auquel ils s’identifient béatement. Son secret ? Une solution simple à une équation complexe : nous (les flamands) sommes des gens biens (honnêtes, intelligents, responsables, travailleurs...) et notre essor naturel est plombé par ce gros boulet francophone que nous traînons aux basques. Virons le ! Et ceux -là même qui ne demandent qu’à entendre qu’ils sont supérieurs, parce que souvent ils se sentent inférieurs, d’applaudir à ce beau discours.

Il me semble que le parallèle avec Marine n’est pas si difficile à établir.

Bart ne solutionne rien. Il pourrit la vie politique, non seulement de la Belgique mais aussi de la Flandre. Sa posture, c’est l’intransigeance, qu’il fait passer auprès de ses électeurs pour de la détermination. Mais en réalité, Bart ne sait pas gouverner autrement que par l’autoritarisme. Et il pressent (du verbe pressentir) probablement que je jour où il va réellement devoir se mettre à la tâche, sa popularité va fondre comme neige au soleil. Il est beaucoup plus facile de pondre des slogans que de diriger les affaires (hein, Nicolas ?). Un populisme parmi d’autre, comme tant d’autres avant lui, condamné à suivre la même hyperbole.

A la décharge des flamingants - et des frontistes, des Bart et des Marine ne seraient pas poussés en avant si la classe politique traditionnelle ne s’était pas montrée aussi indigente à écouter les attentes des électeurs. Et s’ils occupent le devant de la scène, c’est aussi que les autres s’en sont retiré pour vaquer à leurs petites affaires sordides dans leur coin.

Voilà. Veuillez, chère Ariane, excuser cette exotique digression, mais hélas, le problème des extrêmes ne connaît pas de frontière, et curieusement, les mécanismes sont toujours les mêmes.



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