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Voltaire 16 mars 2011 13:05
Voltaire

De ces trois arguments, le premier devrait suffire. Tout crime horrible entraine nécessairement, même de la part des meilleurs magistrats, et donc ar fortiori de la part des jurés, le désir de punir un coupable. Dans ces conditions extrêmes, il est arrivé, il arrive toujours, qu’un innocent soit condamné, le doute qui devrait lui bénéficier étant balayé par la nécessité de punir. Et plus l’accusé est faible, plus les chances d’injustices sont grandes. Les chiffres de condamnations erronées, révélées par les tests ADN postérieurs, que l’on a récemment découverts pour les USA, sont ahurissants. J’ignore comment l’on vit après une telle décision de tuer un homme innocent, on s’y habitue sans doute, on se trouve des excuses, mais la justice, dans sa conception même, peut-elle se permettre de telles erreurs ?

Votre second argument est aussi largement vérifié, de nombreuses études américaines le soulignent, et il n’y a aucune baisse de criminalité dans les états appliquants la peine de mort aux US par rapport aux autres, mais c’est un argument que l’on peut discuter sur des cas individuels dans la mesure où la prise en charge de cas pathologiques (serial killers) demeure difficile et que l’on conserve toujours un risque de récidive. On peut donc débattre entre un impact statistique nul globalement, mais ayant peut-être un effet spécifique dans certains cas précis. Mais le premier argument est à mon avis décisif : quoi que l’on fasse, il existe toujours un risque d’erreur judiciaire. La peine de mort ne permet pas de rouvrir un dossier à la lumière d’éléments ou de techniques nouvelles. Elle ne peut donc pas figurer dans un système de « justice » digne de ce nom, même si de nombreux cas individuels la justifierait.



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