Concernant les histoires de loyauté, d’honnêteté et de courage, les politiques et de plus en plus de Bidochons préfèrent clamer « Je suis fidèle à mes idées (ou valeurs) » plutôt que « Je suis fidèle à Martine (ou Paul ou Jésus) »
Cette trouvaille sémantique fait florès parce qu’elle associe en un astucieux raccourci, une chose creuse et une chose pleine ; la pleine valorisant la creuse.
Il y a deux sortes d’idées (ou valeurs en l’occurrence).
Il y a celles qui tournent autour d’une personne et celles qui tournent autour d’un objet ou concept.
Se dire fidèle à la valorisation d’une personne, c’est très difficile. On ne maîtrise pas du tout la personne qu’on adule mais dont on peut être sûr qu’elle est jalouse. Ca implique une exclusivité, ça crée des rivalités et on peut alors subir toutes sortes d’attaques, de conspirations et de retournements mortels. La déclaration d’attachement à une personne est très hystérisante.
Se dire fidèle à la valorisation d’un objet, c’est très facile. D’où le fait qu’on peut accumuler des voitures, des vidéos ou des comptes bancaires sans provoquer de jalousie entre ces objets élus. On est maître de la chose dont on se dit attaché.
Se dire fidèle à une personne oblige à accepter de mourir pour la protéger, lui faire honneur ou plaisir. C’est alors de l’abnégation ou de la fusion et ça conduit à faire preuve du courage absolu, à accepter de mourir au nom de cet attachement.
Se dire fidèle à ses propres idées évoque gratuitement ce courage mais ce n’est que du pipeau car ça équivaut à s’engager à aimer ses propres yeux, sa propre voix, son propre sourire.
A l’instar de Nicolas Sarkozy, Rama Yade sait enfumer son monde en clamant à très bon compte qu’elle est fidèle à ses idées.