Sujet difficile.
Donc intéressant.
Ce sujet fait peur, comme tous les sujets évoquant un désordre qui semble non arrangeable, déjà en raison de son invisibilité (Tchernobyl Fukushima sont de cet ordre)
Un accident de train, 300 morts, ça ne fait pas peur. On pige tout, on est sûr que demain on aura bien réparé la panne, tout baigne.
Une mère qui tue son enfant en le plaçant dans une machine à laver, même si on parvient à sauver le petit, ça fait peur. Rien n’est probant, rien n’est mesurable, alors quoi et comment réparer ?
Lorsque se pose un problème, en raison de notre peur de l’inexplicable, nous choisissons toujours les hypothèses et conclusions en rayon, standards, rassurantes car déjà utilisées. C’est aussi le moment où nous adorons les gens en blouse blanche puisqu’ils semblent avoir les explications et les médocs en stock. C’est donc aussi le moment où nous fonçons sur les lieux communs, les poncifs, les repères sûrs.
Ainsi, quand on découvre une violence dans un couple, nous préférons largement considérer le standard de l’homme plus fort et plus agressif pour dire tout de suite « Voilà, la victime est de ce côté et le méchant est de l’autre côté ». Ouf ! Je suis capable de voir.
C’est pas croyable le nombre de choses qui, dans notre société sont construites sur ce standard (qui est très largement fondé, évidemment). Ainsi, on trouve logique de fabriquer des chaussures pour femmes à semelle, à tige, à dessus, à talons très fins et fragiles selon le schème de fragilité féminine
Un slip pour homme c’est un gros tissu bien lourdingue avé un gros élastique alors qu’une culotte de femme c’est 20 grammes et transparent. Etc.
Bon, comme 99 % des matériels fabriqués le sont pour les deux sexes, les fabricants vont au moyen terme. Mais dès qu’un produit est dédié aux femmes, il exprime la fragilité.
Alors quand une bagarre éclate dans un couple, le constat que c’est la femme qui est la plus violente est renversant de valeurs et dur à avaler. Même la femme psy qui doit analyser un cas de violence féminine, se retrouve à l’envers car son propre sac à main, son tube de rouge à lèvre, son téléphone, expriment la plus grande fragilité de la femme.
Les vêtements d’une femme, (donc son accoutrement, sa panoplie, son costume de scène) peuvent même apparaître plus fins et fragiles que ceux d’un enfant.
Mais ce renversement des standards est tout aussi pénible pour beaucoup de spectateurs masculins. Très, très nombreux sont les hommes qui fantasment sur la fragilité de la femme et ignorent ou fuient celles qui font plus de 60 kilos
Par exemple, un homme qui appelle sa compagne « ma puce » ou « mon poussin » ou « ma princesse » n’est pas du tout disposé à entendre qu’une compagne puisse être une furie dangereuse. Ca va le miner d’entendre aux infos qu’une mère a tué son enfant ou frappé son mari.
Résultat, quand un homme veut dire la violence de sa compagne, il ne trouve que portes closes.
Ce ne serait pas trop grave si le problème s’arrêtait là. A la seule question de la violence physique. Hélas, le standard de la femme fragile et donc victime potentielle face à un homme, recouvre également le problème du machiavélisme (au sens commun donc péjoré). Et la perversité peut être mise en oeuvre même par une femme toute fluette.
Quel renversement de valeur ça nous fait quand nous avons sous les yeux un cas flagrant de perversité féminine ! C’est tout notre château en images d’Epinal ou en amoureux de Peynet qui s’effondre.
Exemple de perversité qui peut être mise en oeuvre par une femme fluette aussi bien que par un colosse : L’opération consiste à faire en sorte que la cible perde confiance en ses sens, en sa raison et en sa mémoire. Ce n’est pas difficile et ça comprend le déplacement d’objets pendant que l’autre dort. La cible se réveille, part au boulot et ne trouve pas ses clefs ou papier. Ca répété quelques fois, avec d’autres astuces aussi déstabilisantes, bin la cible pète les plombs, va se montrer agressive et ...hop, en tôle.
Ce que les gens devraient comprendre, c’est que plus ils s’accrochent ou s’adossent à des standards plus ils tressent la corde qui les pendra.
Sinon à part ça, concernant cette femme qui dit avoir entendu des voix lui ordonnant de défénestrer son enfant, c’est, à mes yeux un cas typique de crise schizophrénique délirante.
Il ne fait aucun doute que le malade voit et entend réellement des choses qui ne sont que le fruit d’une hyper imagination non contrôlée. Il n’y a plus de contrôle sur l’imaginaire donc plus de contrôle du Nomos et il n’y a plus de frein, plus de tabou. Non seulement la malade entend des ordres fous mais il ne dispose d’aucune police.
Lorsque nous grillons un stop, nous avons conscience de tous les paramètres, notre police intérieure nous dit que ce n’est pas bien. Mais nous raisonnons et nous considérons l’ensemble des paramètres pour décider de transgresser ;
Un schizophrène en crise ne raisonne pas du tout. Golum Sméagol quand il se parle, quand il se discute, c’est entre tuer d’une manière et tuer d’une autre manière. Il choisit entre deux ruses car il voit la résistance de sa cible, il a conscience qu’elle ne veut pas se faire tuer.
Un intégriste en furie va lui aussi choisir entre deux manières de tuer mais sa cible sera très choisie et puis il opère dans le cadre d’un courant idéologique partagé avec d’autres ; le schizophrène, quand il n’est pas en crise est des plus agréables mais en crise, il éclate de rire pour rien ou tue pour rien.
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