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easy 20 avril 2011 21:46
easy

Bonjour Hommelibre,

Vos réflexions sur Plenel, je les suis.






Concernant l’identité.

Je crois qu’il faut considérer ce qui se passe pendant une hystérie du genre Rwanda ou Saint Barthélemy ou nuit de Cristal...
Si on sait régler la question de l’identité dans ces moments de folie, alors on sait la régler dans les moments de calme.

Comment apparaît la question de l’identité dans les moments de folie furieuse ?

D’abord c’est un élément qui fait qu’on tue ou qu’on est tué. Il est capital de dire cela. Or celui qui ne tue pas mon ennemi est celui qui va me tuer. Dans les moments d’hystérie, il n’y a pas de moyen terme, de position neutre.
 
« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » vous connaissez tous l’antienne qu’on entonne dès que tonne le canon.


Comment, pendant une folie meurtrière, une bataille à la Austerlitz ou un match de foot, se règle la question de l’identité. Par la vue. à 99.9% par la vue. Il est donc impératif et chaque camp l’a si bien compris qu’il l’applique, que chaque individu soit visuellement démarqué et que ce ne soit pas réversible.

Il est impossible pour un footballeur de changer de maillot pendant un match. Idem pour un soldat pendant une bataille. D’où l’extrême sévérité qui frappe les soldats ennemis dissimulés sous notre uniforme ou sous habits banalisés.

C’est pour cela, c’est parce que l’ennemi doit être signalé visuellement et de manière indélébile, qu’on lui coupe une oreille, qu’on lui crève les yeux, qu’on le marque au fer, qu’on le tatoue, qu’on lui coupe un bras, qu’on l’oblige à porter une étoile, une croix, ...


Il y a toutes sortes d’affrontements. Lorsqu’ils se produisent entre des Blancs et des Peaux rouges, pas de problème particulier, pas besoin d’uniforme. Avant comme après la bataille, chacun sait clairement qui est son ami, qui est son ennemi. (très dur le sort des Indiens servant dans l’armée blanche comme pisteurs)

Lorsqu’ils se produisent entre Blancs, il leur faut absolument d’autres repères visuels que la peau et l’uniforme sert donc à séparer les Fédéraux des Sudistes (chaque camp sait cette nécessité). Et si la guerre de Sécession a duré aussi longtemps, si elle a été aussi meurtrière c’est parce que toute personne prétendant à la neutralité était considérée comme ennemie. Il fallait donc forcément s’engager dans un camp pour ne pas avoir tout le monde sur le dos.



Une identité c’est quelque chose qui vaut pendant une hystérie, il faut donc qu’elle soit indélébile, certaine et’ irréversible.

Du coup, en dehors des distinction de peau, quand on est entre Blancs, interviennent les questions d’uniforme et au-delà, les questions de région (Un Vendéen ne saurait être que Chouan) , des marques d’accent, des manières de parler (aristocrate ou roturier) , des outils, des métiers, des jargons, des insignes portés etc.

C’est parce que l’identité doit être irréversible, impossible à interchanger que nos cartes d’identités, si elles sont un aspect commun entre Français, les distingue clairement entre eux et aussi entre Européens, entre Occidentaux.

L’identité ?
Au Japon, entre 1600 et 1860, ère Edo, Shogunat Tokugawa, non seulement le Japon était très fermé aux étrangers mais entre eux aussi régnait une grande méfiance (très souvent pour conserver des secrets de fabrication) Les voyages étaient donc très mal considérés s’ils n’étaient pas dûment signalés.

Il y avait une secte, Fuke, dont les moines portaient des chapeaux tressés retombant très bas et dissimulant alors le visage (Cf les Poignards volants) Ces moines se promenant, chacun se demandait si sous ce masque identifiant à la secte Fuke, ne se cachait pas en réalité un espion ennemi.
 
Or les moines Fuke avaient la réputation d’être insurpassables en technique et virtuosité au shakuatchi (la flûte qu’on entend toujours dans les films Japs). Alors on exigeait d’un moine ainsi caché par son chapeau, de jouer un air. S’il échouait, il perdait immédiatement sa tête. 



Le problème d’identité s’était aussi posée à tous les Japonais vivant aux EU après l’attaque de Pearl Harbour. Soudain leurs papiers bien US, semblèrent désuets face à leur irréversible couleur de peau. Comment, en cas de bataille rangée, un Jap US ne serait-il pas tenté de passer dans le camp Jap ?


Et les Hells Angels Ohlala, on doit déjà passer deux ans à leur servir de boy avant d’espérer entrer dans une bande et une fois dedans, comme pour la Mafia, on doit marquer l’irréversibilité en tuant un flic ou un type quelconque. Et on ne quittera les Hells que s’ils sont d’accord (c’est-à-dire si on a trouvé le moyen de leur garantir qu’on ne dénoncera jamais ce qu’ils font)


 Et les Libyens ! Ils en bavent à Benghazi de ne pouvoir identifier tous les espions de Kadhafi qui maraudent en ville. Et la coalition, elle est à deux doigt de protester qu’il est scandaleux que les kadhafistes se confondent avec les rebelles. Ce serait tellement plus simple si les loyalistes mettaient un uniforme jaune fluo et postaient leurs chars peints en rose à 10 bornes de toute ville, en plein désert.



L’identité ne peut pas être quelque chose qui se prend en cinq minutes et qui s’échange dix minutes plus tard. 

Si le concept d’identité relationnelle a du sens et si elle joue de toutes manières au quotidien « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai... » ; s’il est logique qu’un Jap vivant aux EU l’invoque pour essayer de convaincre, elle ne peut en aucun cas suffire lorsque l’atmosphère devient électrique.


L’identité est, comme le mot de passe en temps de guerre, une question de vie ou de mort et plus les armes tirent loin plus la reconnaissance au loin est souhaitable.




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