Dieu aurait été avisé, il ne nous aurait pas donné de conscience.
Le tout premier effet de cette conscience est de nous avertir que nous devrons mourir. Pour peu que nous considérions que ce n’est pas bien de mourir, la conscience de notre issue fatale nous torture l’âme et nous rend fous. Nous ressentons un besoin délirant de manifester notre angoisse en l’exposant de manière plus théâtrale et ça donne à la fois ce que vous exposez et le fait que vous l’exposiez.
La solution que certains ont trouvée pour ne plus exploser de fureur, consiste à ne plus penser, à faire le vide. Cas du Za Zen.
L’alternative à cette voie peut-être trop non-interventionniste, peut-être insuffisamment réaliste et généralisable, consiste à être éponge active des furies humaines. Etre éponge et non miroir, ça veut dire être là, en plein dans le chantier des furies humaines, pour absorber directement les coups, pour éponger les sangs et les larmes.
Le Net, c’est à 99% du miroir, du bouclier qui renvoie les flèches vers d’autres.
Chacun y déverse ses angoisses en espérant que quelqu’un les absorbera pour solde de tout compte mais en fait, chacun les réinjecte à son tour.