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Gontran 14 mai 2011 04:20
Gontran

« J’ajouterai une autre cause majeure à la dégradation du niveau d’éducation des élèves, notamment de la grammaire et de l’orthographe : l’omniprésence de la télévision (plus de trois heures par jour en moyenne dans les foyers français), qui prend le temps disponible au détriment de la lecture et qui incite à une attitude passive, contrairement à la lecture, qui fait appel à l’imaginaire, au questionnement, à une zone différente du cerveau (signes écrits vs image visuelle). »


Les études concernant l’influence de la télévision sur la santé des enfants que j’ai pu avoir sous les yeux, et qui ne sont pas légion hélas, parlent plus des problèmes d’ordre physique (sédentarité, obésité, apathie...) que d’une prétendue inefficacité de la télévision à développer l’imaginaire et la capacité à reconnaître des signes de nos enfants.

En fait, ce serait plutôt le contraire, la télévision a l’avantage de fusionner l’image, le son et le texte dans un même flux d’information cohérent. L’enfant développe en permanence sa capacité à décoder ce flux lorsqu’il regarde la télé, à condition qu’il ne la regarde pas toujours tout seul et que ce qu’il regarde soit le sujet de discussions et d’échanges avec son entourage.

Se « débarrasser » de son enfant pour une heure ou deux en le mettant devant la télé n’a rien de grave à mon sens, à condition qu’on prenne un moment à l’issue de la séance de télé pour parler avec l’enfant de ce qu’il a vu, pour l’aider à développer un esprit critique par rapport à l’image. 


Comme votre article le précise déjà plus ou moins, il est important de réaliser que nous pensons GRACE aux mots, nous ne pensons pas les mots, ils ne sont pas le fruit d’un raisonnement mais les briques avec lesquels nous les construisons. C’est à dire que plus on connait de mot, et MIEUX on pense (plus précisément et efficacement en fait). 
Ça semble mécanique et simpliste, mais c’est pourtant vrai. Les mots et les concepts qui leur sont associés sont à la base de toute cognition.

Et une des stratégies d’oppression de l’oligarchie consiste à faire en sorte de prendre des mots, et de les vider de leur sens, voir de les faire disparaître, purement et simplement.
Franck Lepage de la Scop Le Pavé, dans sa première conférence gesticulée en 2007, cite un exemple tout à fait édifiant : 

des linguistes prennent 90 manuel de management des années 60 et les soumettent à un ordinateur. Puis 90 manuels de management de 1999.
Le mot qui revient le plus souvent dans les manuels de 1960 est le mot Hiérarchie. Un mot fort, facile à comprendre. Lorsque le capitalisme est basé sur le concept de hiérarchie, il est facile à critiquer.
Celui qui revient le plus souvent en 1999, c’est le mot PROJET. Un mot valise qui veut absolument tout dire mais qui a surtout une connotation extrêmement positive, et qui remplace la hiérarchie dans l’idéologie capitaliste. Lorsqu’il faut se battre contre un projet et plus contre une hiérarchie, la lutte devient immédiatement plus difficile. 

En manipulant les mots, on manipule les esprits. Nos élites l’ont compris depuis longtemps, et il faut que nous aussi nous fassions attention à ne pas oublier certains mots et leur sens, et de les transmettre à nos petits : lutte social, exploitation, syndicalisme, critique, oligarchie, démocratie (la vraie) etc



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