Il y a sauver une vie et sauver une vie.
Lorsqu’on plonge dans une rivière, parfois sans savoir nager, pour sauver quelqu’un, on accomplit un geste applaudi par tous.
Lorsqu’on sauve un Gitan, un paria, un homo, un Juif, un Nègre, un violeur, un sans-papiers ou un Palestinien stigmatisé par une masse qui le préfèrerait mort ou torturé, lorsqu’on s’expose donc à la colère et à la vengeance de cette masse qui réclame du sang et de la souffrance, on est dans un geste d’une toute autre ampleur. C’est là qu’on sauve largement plus qu’une simple vie physique. On sauve une transcendance essentielle, l’Espérance dans le renoncement à la violence et au reptile.