Vous avez de la chance de ne pas récolter une avalanche de rejets catégoriques sur la question de l’aide à mourir. J’ai publié un texte sur la question le 21 janvier et la plupart des commentaires étaient catégoriquement contre toute aide à mourir. Personnellement, je suis tout à fait de votre avis. Je pense que l’on devrait avoir accès aux substances nécessaires pour se suicider dignement. Heureusement il y a des médecins qui accepte le principe, mais si on n’est pas malade, comme dans le cas dont vous parlez, la question est plus délicate.
Prenons le cas de l’écrivain Arthur Koestler. Atteint de la maladie de Parkinson et de leucémie, il met fin à ses jours par absorption de médicaments en 1983, à l’âge de 78 ans. Son médecin lui avait donné la prescription pour les médicaments. On l’a trouvé mort, assis dans son fauteuil, avec le verre à côté. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le « suicide assisté ».
Avait-il le droit de vouloir mourir ? Le médecin, avait-il le droit de lui fournir les médicaments ? Questions délicates, dont la réponse dépend de la sensibilité de chacun. Dépend aussi de l’information et de l’expérience dont on dispose. Dépend peut-être aussi de l’âge de la personne qui répond.
On en discute sur l’aide à mourir depuis un demi-siècle (Koestler était membre de l’association « Exit »), mais les opinions les mieux fondées sont peut-être celles des médecins, infirmières et aides-médicales que côtoient quotidiennement des mourants. Personnellement, j’ai peu d’expérience de la mort. J’ai vu ma meilleure amie mourir de cancer. Vers la fin elle souffrait beaucoup, et le médecin à augmenté la dose de morphine. Sa mort était douce. Elle s’endormait paisiblement et je ne me suis même pas rendu compte qu’elle était morte. Je me suis arrangé avec le même médecin pour qu’il accepte de m’aider dans une situation similaire. Mais c’est une décision strictement personnelle, à chacun de prendre ou à laisser.