Le vin est un sujet sensible pour beaucoup de français. Il fait un peu parti de notre patrimoine, même si la qualité d’un certain nombre de ces breuvages laisse quelque peu à désirer. Et c’est bien domage, car, comme l’indique l’auteur, un bon vin est vraiment quelque chose de rare. Mais il faut en effet acquérir une expérience, je dirais éduquer son palais, avant d’en apprécier la complexité.
Je diviserais les vins en trois catégories :
- les vins commerciaux, souvent issus de rendements élevés de la vigne, ou récoltés trop tôt, et « adaptés » au goût de consommateur moyen, en fonction des tendences.
- les grands vins, infiniments complexes, riches, rares, et en général très cher, sauf exceptions dans quelques régions, et en réalité très difficile à marier avec un plat car trop riches en saveurs, et de toute façon inabordables
- les bons vins, ceux qui se situent entre 7-8 et 20 euros la bouteille, que l’on boit une fois par semaine (pour ne pas abuser ni de l’alcool ni n’en faire une habitude), qui se marient avec une infinité de plats, de saisons... C’est là que le vigneron doit aussi intervenir, pour conseiller l’acheteur, notamment sur la garde du vin, son aération etc...
Il est par exemple fort domage que la plupart des vins soient bus trop jeunes ; en rouge, un bon bourgogne de moins de cinq ans, un bon bordeaux ou vin du Rhône de moins de 7-8 ans n’a pas acquis toutes ses saveurs, et sera souvent agressif (bien sûr cela varie beaucoup, et aussi des années...). Et bien des blancs méritent aussi quelques années de garde, pour éliminer un peu de leur acidité et acquérir de nouvelles saveurs (rien à voir entre un Chablis de l’année et celui qui a vielli 5-6 ans). Il ne faut pas oublier que de très nombreuses réactions chimiques continuent une fois le vin en bouteille, qui contribuent à l’enrichir et à éliminer certains aspects trop agressifs (tanins etc...).
Si le meilleurs cotoie le pire dans cette gamme de prix, il faut aussi rappeler la nécessité de gouter, et le devoir du producteur d’accepter d’accueillir le client : je n’achête quasiment jamais de bons bordeaux ou de grands bourgognes, car hormis leur coût, il est impossible de les acheter à la propriété, après les avoir dégustés ; or il s’agit d’une action très importante, notamment pour connaitre ce que deviendra le vin au bout de quelques années quand le propriétaire peut vous proposer un millésime plus ancien.
En revanche, les vins de Loire, et ceux de régions moins réputées (Sud Ouest...), font le bonheur du gourmet, abordables, gouteux, se mariant avec d’innombrables plats, et produits en général par des producteurs très ouverts et simples. Même si le consommateur de passage ne représente qu’un pourcent du chiffre d’affaire du producteur, cela devrait être un devoir, peut-être l’objet d’une charte des vignerons ?