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Scual 2 juillet 2011 12:22

La première partie de cet article est très intéressante mais les critiques par contre méritent elles-mêmes d’être critiquées.

1 : Si la critique sur l’externalisation est tout à fait valable, elle ne prend pas en compte la qualité des emplois. Un emploi en intérim n’a pas la même valeur pour le salarié qu’un emploi en CDI. De plus l’externalisation n’a quasiment pas augmenté depuis le siècle dernier et n’est pas vraiment notre problème actuel. Mais même avec 25% des pertes d’emplois qui ne sont pas perdus en réalité, en chiffre absolu il reste quand même 1,7 millions d’emplois perdus...

Idem pour les gains de « productivité » qui se résument à travailler plus pour gagner moins en produisant de la moins bonne qualité et de manière plus dangereuse. Donc il y a perte en quantité mais aussi énormément en qualité et il est erroné de dédouaner totalement la « mondialisation » de toute responsabilité puisque les règles autorisant ces gains de rentabilité (plutôt que productivité) sont en très grande partie imposées à un niveau supranational.

Mais surtout en ce qui concerne les points positifs de la mondialisation là je ne suis absolument pas d’accord avec les arguments avancés : « l’échange des savoirs » est à sens unique en notre défaveur, « la communication » mondialisée est certainement très positive mais n’a aucun rapport avec l’industrialisation est n’a rien à faire dans ce sujet, « nos exportations » ne représentent qu’une petite partie de notre économie et de toute façon notre déficit commercial s’est creusé ce qui en fait un point négatif et non pas positif, « une baisse importante de prix sur des biens à la consommation » Faux. Les entreprises achètent les produits manufacturés moins cher sur le marché mondial mais au final il y a eu durant toute la décennie une forte inflation en opposition à l’évolution des salaires sans oublier que chacune de ces marchandises à bas coût venues d’ailleurs représente des emplois et du pouvoir d’achat de perdu ici ce qui en annule les avantages... et je ne parle même pas du désastre écologique du aux transports et à la production sans normes environnementale qu’il faudra bien payer un jour nous aussi même si ça se passe à l’étranger. Bref désolé mais cette partie me semble totalement déconnectée de toute réalité économique, écologique et sociale.

2 : Effectivement le niveau de vie monte en Chine... mais dans un contexte de mondialisation et de « concurrence non faussée » cela signifie que la Chine restera plus compétitive que nous, nous appauvrissant, drainant nos emplois, nos salaires, notre richesse et notre savoir faire jusqu’à ce qu’elle ait rattrapé notre niveau de vie et vu sa population ça serait quand ? en...2100 ? Bien sur ce ne sera pas le cas puisque l’élévation du niveau de vie des pays pauvres s’accompagne du mouvement inverse chez nous : nous rattrapons leur niveau de pauvreté. Pourquoi pointer du doigt la réussite éclatante de la Chine plutôt que notre échec fracassant ? Pourquoi dire exclusivement qu’ils nous rattrapent niveau richesse et ne pas plutôt dire que c’est nous qui les rattrapons niveau misère ?

3:Effectivement c’est principalement la « spécialisation » de l’économie allemande qui explique qu’elle a résisté mieux que d’autres à la mondialisation. Mais il ne faut pas sous-estimer l’appauvrissement du travail qui après avoir été expliqué est tout simplement occulté : sans lui l’Allemagne ne connaitrait pas de croissance et subirait des délocalisations. A ce propos, la structure du tissu industriel allemand fait de moyennes entreprises est aussi un frein au délocalisations car il est plus difficile pour ces petites structures de délocaliser, ce qui n’a donc aucun rapport avec la « qualité » de leur production ou leur « compétitivité ».
De plus la raison de cette résistance de l’Allemagne à la concurrence mondiale (et non pas « succès » loin de là) n’est pas la « qualité » mais le niveau technique des productions allemandes : il faut plus de temps aux pays émergeant pour acquérir le savoir faire nécessaire pour entrer en concurrence avec ces produits. Par conséquent la seule différence entre les Allemands et les autres, c’est qu’ils auront droit à la catastrophe plus tard, c’est à dire dès maintenant puisque le niveau technique et la formation Chinoise les ont pratiquement déjà rattrapé. Ce n’est donc absolument pas un « succès », l’échec est programmé et n’arrive plus tardivement que pour des raisons techniques... mais les mêmes causes produiront les mêmes effets.

3 : Réguler et contrôler, c’est l’inverse de la liberté. C’est donc bien le libre-échange l’ennemi si la régulation est la solution. Et effectivement les échanges ne doivent pas être libres mais justes et équilibrés. Quand aux fonds de pension qui « défendraient nos intérêts » en détruisant nos emplois et en réduisant nos salaires, j’admets que ça m’a piqué les yeux de lire ça. En plus ils obéissent aux banques car si celles-ci s’écroulent, les fonds de pensions perdent tout. Ils sont donc des vassaux du système bancaire qui dicte ses conditions sous menace de faire tout s’écrouler et de tout leur faire perdre. De toute façon fonds de pension, banques et assureurs, tout ça c’est un peu pareil. Il n’est même pas très pertinent de les différentier.

En bref les critiques sur le désir d’amplifier le discours et de faire des raccourcis par A. Montebourg sont effectivement justifiées. Cela vaut d’ailleurs pour tout les hommes politiques en campagne. Par contre les autres critiques n’en sont pas et sont dues à un optimisme mondialiste déconnecté de toute réalité.en



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