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easy 30 juillet 2011 08:57
easy

Interrogé par un Français, cherchant à dialoguer avec un Français, un Himalayen s’efforcera de lui parler dans sa langue à lui, lui l’interlocuteur français. 

Or la langue de cet interlocuteur français, sa manière d’aborder les choses, de les juger, est cataphatique. C’est-à-dire qu’elle est positive : une chose doit être ou ne pas être.
Ce qui conduit à considérer que si Dieu n’a pas créé les arbres et la Terre, s’il n’est pas créateur, il n’est pas, donc n’existe pas. Ce qui conduit à penser que si Dieu ne s’impose pas par la création, la programmation, l’objectif, le jugement et la condamnation, il n’existe pas. Ce qui conduit à l’imiter.
 
La vision cataphatique est connue d’à peu près tout le monde sur Terre depuis que les Européens sont allés s’imposer partout
.
Mais sur les terres qu’ils ont conquises, il reste un esprit apophatique qui n’est transmis qu’entre indigènes.

L’esprit cataphatique comme l’esprit apophatique, s’apprend vraiment au berceau. Dès 1 mois, selon comment les parents s’adressent à l’enfant, selon comment ils éduquent (par exemple bébé, cherchant à connaître, explore un cube de bois avec tous ses sens et ne recueille une impression complexe. Mais sa mère arrive et lui enseigne la reconnaissance : cube = caca (pas mettre dans la bouche)


Dans toutes les civilisations, dans ses premiers mois, l’enfant connaît les deux visions. Même un bébé parisien ressent qu’il existe un esprit de lui, une âme qui ni ne crée, ni ne juge, ni ne condamne, qui se contente de connaître, de ressentir, d’explorer, d’essayer, et qui existe bel et bien néanmoins. Mais très vite, les parents et professeurs parisiens vont montrer à cet enfant qu’il n’existe (qu’il n’est reconnu !) que dans le cadre cataphatique et à 20 ans, il sera devenu un infirme ou un honteux de l’apophatique.


Un prénom, comme Gabriel par exemple, assigne l’enfant à une vision extrêmement cataphatique. Ca oblige l’enfant ainsi prénommé à tenir un rôle très précis bourré de concepts cataphatiques. Policier en l’occurrence. Et comme son nom de famille porte aussi quelque marque communautaire, laquelle se dit soudée par quelque valeur cataphatique, un tel enfant est très attendu dans un rôle de Juge-condamneur-diabolisateur-exécuteur


Le MOI d’un Himalayen n’est pas pas celui d’un Parisien.
Quand il dit Je ou Moi ou Tu, il s’oblige à passer par la sémantique occidentale.
Et dans la République française de 2011, un ado de 15 ans, quand il dit Je, ne considère vraiment que lui seul. (Une personne, un vote)
Dans les régions les plus éloignées de l’Occident, quand quelqu’un dit Je (en fait il ne dit jamais Je) il veut dire ’’Moi en tant que fils de... frère de..., enfant de...« . C’est un Je flou qui veut surtout dire ’’fruit’’ . Ce n’est pas un Je qui veut dire »Je-Juge"


Ainsi, cette conversation que vous nous racontez ne peut se produire que si un Himalayen passe sous les fourches caudines de l’Occidental pour papoter avec lui. Un Himalayen ne passe pas son temps à juger, surtout pas des gens vivant au loin, et ne le fait qu’en dernier ressort quand ça le concerne directement.




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