Bonne analyse.
Plus que le matraquage systématique des candidats favoris des media, il est probable que l’influence de ceux-ci passe surtout par l’actualité qu’ils présentent.
En effet, l’apparition systématique des favoris est trop évidente pour ne pas entrainer une réaction consciente de la part du spectateur, qui va relativiser le message, surtout si celui-ci est répété pendant 6 mois, voire plus. Ce matraquage peut sans doute jouer un rôle dans la stature des candidats, en légitimant leur candidature, une sorte d’adoubement, mais aura peu d’influence sur leur vote.
En revanche, parcequ’elle agit sur l’inconscient, et que le spectateur ne peut donc s’en prémunir de façon raisonnée, la présentation de sujets d’actualité en rapport avec les tendences des candidats aura un effet beaucoup plus sensible. Que l’on parle de chômage, d’insécurité, d’éducation ou de politique étrangère influencera beaucoup plus subtilement, mais en profondeur, l’opinion des spectateurs, en faveur de l’un ou de l’autre candidat.
IL faut en effet regretter la très faible couverture consacrée aux « petits » candidats. L’élection présidentielle est un rare moment de débat démocratique, sur les orientations de notre société.
S’il faut faire la différence entre ces petits candidats (certains ne sont là que par ego ou intérêt), l’absence dans le débat de ceux qui défendent effectivement une vision de la société, construite tout au long des années et pas uniquement lors d’une élection, est préjudiciable (même si leur rôle est peut-être plus de susciter le débat et d’inciter les candidats « majeurs » à prendre en considération des sujets importants que de vraiment attirer des votes).
Quant aux candidats outsiders (Bayrou et Le Pen), le relatif ostracisme dont ils sont victimes est tout autant domageable, car il les contraint à adopter un langage aggressif pour être repris dans les principaux media, plutôt que d’expliquer leur projet alternatif qui mérite débat (il faut noter la stratégie, sans doute payante, de François Bayrou de passer beaucoup plus par les media régionaux et par le web pour présenter des idées, endroits où il dispose de plus d’espace pour un débat de fond, et où il n’est pas restreint aux petites phrases du débat politicien parisien).