Defrance, vous dites : « Un état, une politique, une monnaie ? Cette association fonctionne a peu près depuis des siécles,... »
Ce n’est pas historiquement vrai. Si vous dites une souveraineté, une politique, une monnaie, c’est vrai pour la majeure partie de l’histoire, la monnaie ayant servi de véhicule de l’autorité politique du détenteur de la souveraineté. Mais à l’instant où la souveraineté fut transférée de la personne du souverain au peuple entier par le biais de la démocratie parlementaire ( avec tous ses défauts mais aussi ses possibilités d’être affinée, c’est un autre débat ), l’autorité monétaire est, elle aussi, transférée vers le peuple. Pour cela, on peut la considérer comme un pouvoir émanant du peuple au même titre que les trois autres déjà constitutionnellement établis. Remettre ce pouvoir entre les mains du gouvernement reviendrait à lui confier la planche à billets. Qui protégerait alors le peuple des tentations, des élus, d’acheter leur popularité ?
C’est la raison fondamentale de l’autonomie d’une banque centrale. C’est aussi la raison pour laquelle le transfert de ce pouvoir à un niveau européen ne lèse en rien la souveraineté du peuple français pas plus que la Cour de Justice de l’Union européenne ne lèse aucun de ses droits, bien au contraire. Tout le problème réside dans le fait que le résultat du processus de négociation entre les États a donné un système forcément vulnérable puisque qu’incomplet. C’est terminer de construire une Europe solide qu’il faudrait commencer à envisager et, à mon avis, pas plus tard que tout de suite.