Sparte, désolé mais je me suis donné pour principe de ne tutoyer personne ici. Ce n’est pas du snobisme, c’est tout simplement pour simplifier.
J’en conviens, vous n’avez pas parlé de nationalisation des banques mais je ne vois pas d’autres moyens si on les fait chuter en faisant défaut sur la dette. Sinon ce sont les déposants qui payeront les pots cassés et pas les plus gros qui auront rectifiés leurs positions en voyant le coup arriver.
Vous parlez beaucoup d’Empire et cela fausse toutes les analyses, à mon avis. Le seul empire qui est actuellement en marche, c’est l’empire du chaos financier d’où ne tire profit que la spéculation. La règle d’or budgétaire est un leurre complet qui vise à responsabiliser les dépenses publiques de la situation, ce qui n’est que partiellement vrai. La situation d’endettement, même celle de la Grèce, ne poserait pas autant de problème de stabilité si elle n’était pas manipulée sur les marchés via le système d’assurance de risque du crédit ( CDS ). Est-ce un hasard, qu’à l’heure où on commence à prendre conscience qu’il faut encadrer juridiquement la finance, voilà que l’on nous propose de graver dans la pierre la réglementation des budgets fiscaux ? Ça ressemble plus à la réponse du berger : vous voulez de la réglementation ? Tenez en voilà.
Quant au reste, non je ne crois pas en un tandem Franco-Allemand. Cette fois, il faut un débat ouvert et transparent pour remonter un édifice détruit par l’offensive néolibérale des trente dernières années et toute l’Europe doit y participer. Il faut définir au plus haut niveau quelques principes très marqués, leurs limites, leurs contraintes, etc... comme la liberté économique, par exemple. Pensez que nous voyons tous comme très évidents ( enfin la plupart d’entre nous ) les bénéfices découlant d’avoir défini ce qu’étaient les droits et les limites de la liberté individuelle. Comment est-ce que personne ne voit que la liberté économique est mise de côté ? La liberté économique de populations entières est mise en échec par celle de la finance lancée dans une spirale spéculative. C’est comme si un particulier armait une milice et faisait la loi, à son gré, sur une portion de territoire. C’est peut être une image naïve mais il y a un moment où il faut revenir aux fondamentaux.