L’énigme c’est le dogmatisme. De la même manière que l’auteur de l’article réclame, avec beaucoup de raison, la pertinence de l’analyse marxiste des rapports de force dans la société industrielle sans tomber dans le dogmatisme marxiste pur et simple, le concept de l’indépendance et autonomie des banques centrales se doit d’être abordé lucidement. Cette autonomie ne constitue pas du tout une atteinte à la souveraineté populaire puisqu’en retirant ( relativement ) le pouvoir discrétionnaire de création monétaire des mains du gouvernement, elle tend à la renforcer, comme l’administration de la Justice indépendante du pouvoir exécutif fait de même dans son domaine. Mais tout n’est pas rose et effectivement le système financier privé a fait main basse sur la poule aux œufs d’or. Il est donc logique que ce qui se mette en cause soit l’organisation et le fonctionnement de la finance et non un concept qui vise à protéger le peuple des abus de pouvoir et de l’incompétence auxquels tendent toujours les gouvernements.