• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

ffi 30 août 2011 02:37
ffi

Il me semble au contraire bien comprendre le concept et je notais simplement qu’à partir du moment où existe un gouvernement, le peuple ne gouverne plus... Vous présentez un certain nombre de contraintes légales sensées approximer ma démocratie, mais celles-ci sont déjà en place, et pourtant nous voyons clairement qu’elles n’aboutissent pas à la démocratie, mais à une sorte de fonctionnement oligarchique, certes réglé par la loi.

En effet, vous faites comme si « les élus du peuples » étaient « à l’image du peuple ». Or pour parvenir à se présenter au scrutin législatif, puis après se faire élire, il faut avoir des moyens hors-normes (ça coûte cher) ou se faire accréditer par un parti, structure noyautée par l’oligarchie de diverses manière (en général par société secrète - franc-maçonnerie ou clientélisme)

Ou alors vous allez m’expliquer que Dassault fait partie du peuple ? Saviez-vous que Dupont de Nemours était député à la réunion des états généraux ?

Quant à votre vision de la royauté historique en France, elle est erronée. Par exemple, il y avait plus de parlements en France à l’époque qu’aujourd’hui. Les parlements régionaux devaient consentir à l’impôt : le Roi ne pouvait leur imposer. La France était un mille-feuille législatif (pas la même loi partout), ce qui était complexe, mais c’était le résultat de la démocratie directe.

De plus, vous confondez féodalité et royauté. La royauté a fait refluer la féodalité, souvent par la guerre, féodalité qui était consécutive de la période des grandes invasions (vikings, sarrasins). La faiblesse du pouvoir central avait produit une oligarchie, les seigneurs féodaux, lesquels étaient en lutte incessante pour le pouvoir (voir l’épisode de la paix de Dieu).

Le seul point d’accord entre les féodaux était de se garantir la possibilité d’une lutte continuelle : à défaut de dominer immédiatement, il s’agit de se garantir la possibilité de dominer plus tard et donc de rendre légitime le combat féodal (l’espoir fait vivre).

C’est tout à fait similaire à la théorie libérale : la concurrence, voie du progrès parait-il, mais en fait permission faite à la nouvelle oligarchie, basée sur les territoires économiques - des marchés - et non plus foncier, de lutter perpétuellement pour la domination.

Louis XIV parvint à annihiler la féodalité en créant la cours de Versailles, y attirant les seigneurs locaux pour les contrôler. Les gens du peuple les plus doués étaient nommés au gouvernement : Colbert, par exemple, était fils de drapier.

La généralisation de l’enseignement primaire à toutes les paroisses de France est du fait d’un décret de Louis XIV. Or ceci fut peu suivi d’effet (il fallu attendre le XIXème siècle), ce qui montre bien que le Roi n’était pas tout-puissant.

De plus, chaque parlement régionaux avait des pouvoirs législatifs et judiciaires.

Le Roi très chrétien ne peut être un tyran, puisque, selon l’évangile, aux apôtres qui lui demandent comment savoir qui est le plus grand, le christ répond :

« Que le plus grand soit comme le plus petit. Que celui qui gouverne soit comme celui qui sert. »

Et c’est bien en application de cette doctrine que Louis XI créa la Poste, permettant l’échange de courrier dans tout le royaume, ce qui fut très profitable en matière de science, comme le montre l’histoire des échanges épistolaires entre les scientifiques français.

C’est encore en application de cette doctrine que les rois créèrent les manufactures d’état (soiries, verrerie, armurerie, corderie, etc...), afin de donner du travail à leurs sujets. Certaines sources montrent que des tambours parcouraient les campagnes au son de « Oyé, Oyé, braves gens, une manufacture a été créée, que tous ceux qui sont désoeuvrés y aillent : cela leur fera une saine occupation et leur fournira des revenus).

C’est encore en application de cette doctrine que les rois pratiquèrent le mécénat (François Ier et Léonard de Vinci), puis fondèrent les académies, afin de promouvoir une science et des arts de qualité.

En fait, c’est de cette conception du pouvoir que vient la notion de »service public« . Le pouvoir au service du public, c’est le »que celui qui gouverne soit comme celui qui sert« , de l’évangile.

J’ai cru des choses telles que vous les croyez, mais cela ne correspond pas aux faits historiques. La royauté française n’avait rien de tyrannique, au contraire. Elle était admirée dans toute l’Europe (et était donc une cible à abattre pour les oligarchies). On peut le sentir intuitivement en considérant la quantité de merveilles qu’elle nous a léguée, ou encore le très haut-niveau scientifique qu’elle a atteint. Aucune tyrannie ne saurait parvenir à une telle excellence. C’est ce que montrent les faits.

La théorie de séparation des pouvoir n’a pas prouvé sa pertinence historiquement. Elle ne permet pas d’arriver, par je ne sais quel miracle à une justice absolue. Le résultat de son application, c’est seulement d’affaiblir le pouvoir central, ce qui permet aux oligarchies de prospérer. Le pouvoir divisé entre autant de petits tyrans est tout autant injuste qu’un pouvoir tyrannique non divisé. Comme ces petits tyrans sont tous cooptés par l’oligarchie (lobbies), ça n’assure pas la justice en pratique.

Le meilleur pouvoir est un pouvoir non-divisé, car plus réactif, qui délègue au niveau adéquat (principe de subsidiarité) en assurant la cohérence de l’ensemble, et qui suit une doctrine non-tyrannique comme la doctrine chrétienne »que celui qui gouverne soit comme celui qui sert« .

Gouverner un pays est un véritable métier, le plus essentiel de tous, par conséquent, à sa tête, doit être non seulement une personne en CDI, mais une dynastie.

La »démocratie", par sa vulnérabilité et son instabilité est le système préféré de l’oligarchie, et c’est bien la raison pour laquelle elle fait tout pour l’exporter dans le monde entier !

Une démocratie véritable ne peut exister que si le pouvoir central est stable, sans lien avec aucune partie de la société et suffisamment solide pour éviter les tentatives de corruption venant des oligarchies. Autrement dit, la démocratie ne peut exister durablement sans une alliance entre un Roi et son peuple. Le Roi est là pour éviter que le gouvernement n’oublie le peuple qu’il est sensé servir, c’est sa mission régalienne.



Palmarès