Il y a quand même quelque chose qui me chiffonne dans ces « fausses accusations ». J’essaye d’établir un parallèle avec des délits autres que les viols, mais je ne crois pas me tromper en disant que cet amalgame consistant à mettre dans le même sac des accusations malveillantes et des erreurs d’identification ne s’applique qu’au viol. Je ne pense pas qu’il existe des chiffres pour quantifier le nombre d’erreurs d’identification dans des meurtres ou des cambriolages. Je reconnais toutefois que la fausse accusation de viol (enfin la vraie, si vous voyez ce que je veux dire) est plus personnelle puisqu’elle peut représenter une vengeance. Je pense toutefois que les mots ont un sens, et que l’utilisation de l’expression « fausses accusations » est trompeuse, et occulte la réalité du problème. Il me semble que la quantification de ce problème est établie dans une perspective masculine puisqu’elle décompte le nombre d’hommes victimes de ces fausses accusations sans toutefois reconnaître que les femmes responsables de ces fausses accusations aient pu être aussi victimes d’un viol. Ce ne sont pas seulement les critères qui devraient changer mais aussi la terminologie.