Quelques semaines avant son assassinat, Bob Kennedy prononçait, à l’Université du Kansas, le discours suivant :
“Notre
PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l’air, la
publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les
blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que
nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où
nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la
destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un
urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du
napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police
destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la
fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les
programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de
vendre les jouets correspondants à nos enfants.
En
revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la
qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure
pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne
songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité
de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage,
notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la
compassion ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure
tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue”.
Voir :
http://2ccr.unblog.fr/2011/03/18/18-mars-1968/