Celui
évoqué, le 4 novembre 1963, devant le Sénat par le sénateur Dailly, en
présence du prince de Broglie, Ministre de son état, (qui restera de
marbre) et repris de concert par la presse.
«
Le 4 juin 1962 (près de trois mois après les accords d’Evian) Guy
Lanciano et Daniel Falcone sont enlevés à Alger, dans le quartier du
Ruisseau. Ils subissent pendant quarante et un jours des tortures
effroyables à la villa Lung : On leur coupe le nez, les oreilles, on
crève les yeux de l’un, on matraque l’autre ; il a perdu l’usage de la
parole. L’aveugle peut parler ; celui qui voit ne parle plus. »
Ils
seront libérés par un commando de l’OAS et remis aux services médicaux
de l’armée française à l’hôpital Maillot. Leur état physique est
tellement dégradé qu’on les garde longtemps… trop longtemps dans cet
hôpital… jusqu’au mois d’avril 1963, période à laquelle la Croix-Rouge
avise les familles de leur transfert à l’hôpital de Nancy par avion
sanitaire. JAMAIS ces familles ne les reverront !
Le sénateur Dailly interpelle de Broglie sur cette disparition. Réponse du Ministre :
«
L’affaire est sans doute compliquée : il subsiste quelques points
obscurs. Je fais actuellement poursuivre sur le territoire national des
recherches extrêmement poussées. »
Les deux torturés se sont sans doute enfuis... 