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easy 2 décembre 2011 16:39
easy

@ Jeff,

Vous me répondez « Non, ils n’ont pas été assez professionnels »
Or, la profession des responsables de sécurité c’est d’être maniaques et parano. De voir l’accident possible partout. De ne jamais croire au zéro accident.
Et je trouve alors nécessaire de préciser que cette paranoïa professionnelle, les ouvriers ne peuvent pas l’avoir puisqu’à chaque seconde ils font un geste prototypique nécessitant une sorte de mithridatisation face aux risques.

C’est d’ailleurs parce que l’on a très bien compris ça, qu’on a installé des spécialistes de la sécurité qui eux n’ont jamais à prendre de risque personnel et qui n’ont qu’à surveiller leur troupeau.

Et surveiller un troupeau de cent ouvriers qui prennent tous des risques sans trop y penser, c’est les harceler, c’est être très mal vu d’eux, c’est être déjoué, et c’est aussi être dans l’impossibilité de tout voir dans le détail.

Le coup du Technocentre de Renault que j’ai raconté doit se comprendre dans ce jeu archi système. Si on refuse le Système avec tous ses rouages, on ne se propose pas d’installer des labos dans un centre pareil, on se tourne plutôt vers l’entomologie. 
On n’entre dans cet endroit que si on en accepte les règles. Ce n’est qu’après m’être fait allumer que j’ai compris ce principe : on ne doit pas évoluer sur un chantier sans lister les pires situations, quitte à devoir se détendre un peu ensuite pour oser y travailler.
Non, ce n’est pas que du paperassier, ce n’est pas non plus que du parapluie. Quand j’utilise des chalumeaux oxyacétyléniques, il n’est pas illogique d’en prevenir le chef de la sécurité afin que par exemple il vérifie bien que la caserne de pompier est opérationnelle, que rien n’encombre le passage des pompiers si je fous le feu.
Autre exemple. Il me demande d’indiquer très précisément mes heures et endroits de présence. Punaise mais c’est logique. Le site est géant, il n’est pas possible d’en assurer la sécurité si chacun y bouge dans tous les sens.

Il m’interdit également de bosser seul dans une pièce. Bon sang mais c’est logique. Si je m’électrocute, il faut bien qu’il y ait quelqu’un à mes côtés pour me sauver sinon c’est cuit.

Dans un chantier, il faut que chacun bosse sur des rails et n’en sorte surtout pas. Le moindre pipi dans un recoin imprévu ouvre la porte à une catastrophe.
Evidemment qu’il y a du parapluie, impossible de le nier, mais il y a aussi une véritable logique sécuritaire.

Comme tout finit toujours en ouroboros, cette logique, quand elle est hyper appliquée, conduit à des accidents. Exemple. Considérant qu’à 12h34 aucun personnel ne se trouve sur la piste 27 selon les fiches qui ont été remplies le matin, considérant que depuis des mois tous les opérateurs se sont montrés obéissants, le chef de la sécurité peut en venir à considérer qu’il n’y a vraiment personne et autoriser alors le passage d’un engin sans vérifier de ses propres yeux la réalité de cette absence. Pas de bol, trois minutes avant, un ouvrier saisi d’une gastro foudroyante est allé se soulager dans le premier recoin venu, il n’a pas eu le temps de prévenir de sa position anormale et l’accident a lieu.

(Le pipi caca nécessitant un isolement improvisé, il est très souvent à la source d’accidents. Alors à l’armée, lors des engagements, chacun doit se soulager devant ses camarades)





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