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easy 10 décembre 2011 13:41
easy

Le système électoral à deux tours conduit automatiquement au partisme et même au bipartisme. Une gauche, une droite, rien d’autre.
Ces partis étant les incontournables maisons de tout candidat, il est impossible de se faire élire sans être adoubé par l’une d’elles.

Les chefs de des Maisons deviennent alors ceux qui désignent les candidats valables.

Parmi les candidats adoubés, il y en a qui ont une histoire dans le fief qu’ils prétendent piloter et il y en a qui n’y ont aucune histoire. Ces derniers sont dits « parachutés » par les frustrés ou les railleurs de ce jeu d’influence.

Qu’ils soient parachutés ou de terroir, tous les candidats sont essentiellement des barons désignés par un parti.

Bien entendu que les chefs de Maison s’efforcent d’adouber des candidats ayant un profil gagnant, il peut donc parfois y avoir coïncidence entre un adoubement et une forte légitimité. Il existe des barons de Maisons fort légitimes qui n’ont pas eu à se mettre à genoux devant leur seigneur, sinon pour la forme.

Tout se passe comme au Moyen-âge, fief, flèches, catapultes étant d’une autre matière, prébendes étant de la même matière, libellées en francs, écus ou euros.
Le territoire de l’actuelle France était alors très morcelé. Il y avait plusieurs royaumes, plusieurs rois et chacun désignait, adoubait ou confirmait (selon les rapports de force) ses barons (Plus ou moins catapultés. Il y a eu des barons ne parlant pas la langue de leur fief).

Ceux qui sont adoubés sont évidemment contents mais ce jeu provoque toujours plus de frustrés qui contestent cet adoubement, le trouvent injuste et en appellent à un autre procédé dont celui de primaires.

La corruption ?
Comment un système d’adoubement seigneurial ne serait-il pas fait que de trafics d’influence comme au Moyen âge ?

Le cumul des mandats ?
Comment un système d’adoubements seigneurail n’aboutirait-il pas systématiquement à des accumulations de mandats comme au Moyen-âge ?





Depuis que les choses vont très mal en France, les gens disent beaucoup de mal du capitalisme. Sans être leur seule cible de réprimandes, il est en première ligne.
 
Or le capitalisme, tant qu’il est de type « J’investis dans une fabrique de chocolat et je vais m’enrichir de la vente de millions de tablettes » avait des fondamentaux sinon parfaits, du moins intéressants pour une grande part de la masse car il offrait des emplois et même un cadre de vie complet.

Après son épisode paternaliste à la Menier, Michelin ou Cognac-Jay, où l’ouvrier était condidéré en sa vie entière, le capitaliste, trop confronté aux bagarres liées au syndicalisme et à la concurrence mondiale par le plus bas coûts de production (ailleurs les patrons ne logeaient pas leurs ouvriers, ne construisaient pas d’écoles, pas de dispensaires, pas de maisons de retraite), s’est mis à viser une voie plus financière où son argent servait à faire de l’argent sans passer par la case usine.
Cette nouvelle forme de capitalisme excluant l’ouvrier, ne se souciant plus de « bouches à nourrir », a engendré des légions de banquiers n’ayant plus rien d’autre en tête que de prêter de l’argent à taux le plus élevé possible donc à des gens les plus étranglés possibles. Le règle des 72 devenait leur obsession.

Cet hyper capitalisme sans usines où à usines sans ouvriers, en même temps qu’il ne se souciait plus de loger gratuitement des ouvriers, a tout de même investi une part de son argent dans l’immobilier mais pour y loger au plus cher possible des gens coincés par les problématiques de transport et dont ils se moquent de la vie globale. Les nouveaux capitalistes exigent certes des revenus élevés à leurs locataires mais ne se soucient pas du tout de leur procurer ces revenus.

L’hypercapitalisme d’après 1980 n’est donc pas que bancaire, il est aussi locatif, il est aussi un peu orienté vers quelques usines mais il se passe d’ouvriers.

C’est déjà une première perversion puisque ça ne conduit pas directement à offrir des emplois et que ça vise toujours à tirer profit de l’étranglement des gens. (A signaler ici qu’il a existé, à un certain moment du colonialisme français, une politique visant le plus explicitement du monde à enrichir des indigènes -Indochinois en particulier- pour en faire des consommateurs de produits hexagonaux. Cet objectif s’est retrouvé hélas marginalisé par un objectif nettement plus exploiteur et raciste)

Dans ce mouvement de désengagment ouvrier du capitalisme de papa, c’est à l’Etat qu’est revenu de prendre le relais des soucis des bouches à nourrir. Reste alors à savoir qui est l’Etat ou qui dans cet Etat se soucie vraiment de ce dont se souciaient les patrons paternalistes.

A cette perversion qu’est l’hyper capitalisme non productif + transfert des problématiques sociales à l’Etat vague et monstrueuse machine, s’est ajouté le principe très moyen âgeux des élections où ceux qui pilotent l’Etat sortent de chapeaux sur lesquels le peuple n’a aucun contrôle, même au niveau des instances européennes et supranationales.

Economie pervertie par l’hyper capitalisme + politique pervertie par le système électif à deux tours forment un ensemble complètement perverti que seules les primaires assainissent un peu.



Relevons ici que jamais aucune sorte de compte n’est entrepris par qui que ce soit pour montrer la masse des richesses accaparée par les « élus » qui étaient censés faire mieux que les patrons papas. Ici et là, il est fait mention des prébendes et situations de rente des élus mais le décompte total des richesses qu’ils accaparent n’est jamais fait.
Cette absence de compte existait sous les Mérovingiens, sous les Carolingiens, sous les Capétiens et encore de nos jours.

De tels comptes faisant ressortir le prix du pilotage, s’ils avaient été faits et publiés sous Louis XIV auraient pu montrer que 95% des richesses allaient à la seule aristocratie.
Mais autrefois, chaque aristocrate redistribuait directement au peuple par divers biais en offrant énormément d’emplois et de logements. (C’était sur le Trésor royal que Louis XIV finançait entièrement le collège de Saint Cyr de Madame de Maintenon où l’on sauvait de la misère des jeunes filles de petite noblesse en les éduquant aux probités) 
Les comptes auraient donc été très difficiles à interpréter.


De nos jours, les comptes de la masse des richesses que s’accaparent les « élus » seraient très faciles à faire et nous saurions aisément les interpréter puisqu’aucun élu ne finance quoi que de soit de collectif sur sa cagnotte et que chacun d’eux n’emploie tout au plus qu’une bonne Philippine et qu’un jardinier sur sa caisse.






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