En 2008, des quartiers entiers de villes américaines ont vu fleurir des panneaux « A vendre » ; Alors que vingt voisins se retrouvaient tous ensemble expulsés, il ne leur est pas venu à l’esprit de protester que l’Etat ne faisait rien pour les sauver.
Ils seraient 50 millions dans la rue que les Ricains ne verraient toujours pas de raison de s’en prendre à l’Etat.
Parce que l’Etat ne leur a jamais rien promis en termes d’allocations. Pas même en termes d’université gratuite, pas même en termes de soins gratuits.
En France, c’est notablement différent.
Sous l’Ancien régime, l’aristocratie s’accaparant quasiment toutes les richesses, elle en redistribuait une grande part vers le peuple en tant que valetaille à nourrir, à loger, à habiller et à soigner. Tout de même. Les gueux, quand ils étaient coincés, pouvaient, sans problématique morale ou éthique, implorer la compassion de leur maître et vaille que vaille, ça se passait bien sans manifestations énormes dans les rues.
En tous cas jusqu’en 1789, ce qui est marque de stabilité de ce principe du coup de pouce ponctuel et individuel fourni par le seigneur.
Puis il y a eu le capitalisme à la Menier, Cognac-Jay ou Michelin. Là encore, les nouveaux aristocrates, non nobles cette fois, souvent issus de milieu très modeste, ont géré la vie entière de leurs gueux : emploi, logement, école, mairie, dispensaire, maison de retraite et enterrement compris. Là encore, un gueux, ou plutôt un ouvrier, pouvait sans problème moral ou éthique, solliciter la compassion de son patron papa pour l’aider de quelque coincement.
Mais sont arrivés les contestateurs de cette forme de vie, les syndicats et il y a eu la concurrence internationale où, dans d’autres pays, les nouveaux patrons usinistes ne se souciaient pas de loger et de soigner leur personnel. Le capitalisme paternaliste français en a donc bavé et a capitulé pour se transformer en un hypercapitalisme sans ouvriers. Les descendants des patrons papas se mirent à devenir bailleurs de fonds ou bailleurs de logements. Plus d’ouvriers à gérer, plus d’âmes à prendre en charge.
Fin des possiblités de solliciter un coup de pouce au patron.
Et c’est alors que l’Etat a pris le relais de tout l’aspect social de la vie des gens.
Déja l’Etat a énormément gonflé ses effectifs de fonctionnaires et devenait alors pourvoyeur d’emplois pour beaucoup. Et pour les autres, l’Etat s’est retrouvé avec le devoir de fournir des logements, des crêches, des hôpitaux....
Or l’Etat, contrairement à une usine Menier ou Michelin, ne produit rien. Il ne peut distribuer que de l’argent qu’il a prélevé par les taxes et impôts.
Taxes et impôts se sont alors envolés.
Et cela pendant que les hypercapitalistes n’offraient plus d’emplois.
On s’est retrouvé en 1980 avec des millions de gens souffrant du manque d’emplois, coincés par des prix de loyers élevés, frappés de taxes, au moins de TVA lourdes, et sollicitant alors dans les rues, par centaines de milliers, que l’Etat en fasse encore plus.
Cet Etat qui ne produit rien s’est donc lancé dans le jeu de la dette « Réglons les hurlements de la rue en distribuant de l’argent qu’on va emprunter et va savoir qui le remboursera »
Jamais on n’aura vu des manifestations allant à réclamer à l’Etat de cesser d’emprunter. Jamais.
Toujours plus qu’on lui a réclamé à cet Etat qui ne produit rien.
Résultat, on se retrouve avec un Etat surchargé de fonctionnaires, hyper chargé de dettes en sine die, qui ne parvient plus du tout à assurer l’emploi le gîte et le couvert du peuple.
Et cela pendant que les hypercapitalistes, petits et gros, parfois surgis des cités de gueux, parfois chanceux d’un Loto, ne visent à ne gagner plus d’argent qu’en se passant entièrement d’ouvriers ou d’employés.
Ce que traduit le chiffre élevé de la « productivité de l’ouvrier français »
Le jour où il n’y aura plus en France qu’un seul et dernier ouvrier payé 1000€ et que notre pays produira 3000 milliards de PIB par l’activité des hyper capitalistes, la productivité de l’ouvrier français, calculée par l’INSEE, apparaîtra colossale.
Sarkozy ou pas Sarkozy.
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