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easy 10 décembre 2011 20:13
easy

Posons qu’au départ du Monde, il y ait eu des groupes de 30 personnes vivant ensemble. Il survenait des problèmes et ils étaient alors réglés comme ab nihilo, comme sans préjugé ni jurisprudence. Pour une part, il y avait probablement représailles et pour une autre part, probablement impunité.
Chacun s’accommodant de ces résultats aléatoires ou naturels

Clovis était certes un chef mais il ne ressort pas de son récit que son jugement sur le vase de Soissons ait été discuté par qui que ce soit «  C’était entre lui et son soldat récalcitrant, j’ai vu la scène mais je n’ai pas à en juger »

Ce n’est sans doute que progressivement dans l’Histoire que des tiers se sont mis en tête qu’ils pouvaient juger ou dire leur mot au sujet d’un duel.

Si le jugement par des tiers présente l’avantage de la distanciation et semble offrir plus de calme, cette distance peut être bien trop grande pour comprendre la dispute (sinon avec force transferts et introjections) et ce n’est pas forcément plus de calme qu’offrent ces tiers mais souvent plus d’hystérie encore.
On a vu des rixes démarrant entre deux personnes et finir par une bagarre par milliers.


Il y a eu des principe de jugement par ordalie où on laissait les protagonistes se débrouiller avec dieu en les envoyant traverser tous deux une rivière dangereuse.

Il y a eu des principes de jugement par duel où on laissait les protagonistes se battre au premier sang ou à mort.

Ce sont là des principes où les tiers ne se sont pas vus d’autres prérogatives que d’organiser le duel de manière équitable, silencieuse et non hystérique.

Il nous faudrait toujours nous rappeler des principes et convenir que notre principe actuel consistant, en tant que tiers, à se voir le rôle de juge valable et absolu, n’est pas forcément le meilleur. 

Qu’est-ce que la Justice (Organe tiers) a appporté de bien au cas des sorcières de Salem ?
Qu’est-ce qu’elle a apporté de bien au cas de Julien et Marguerite de Ravalet, au cas de Gabrielle Russier ?


On pourrait distinguer deux catégories de litiges. 
Une catégorie où les protagonistes sont en condition de se démerder seuls 
et où les tiers devraient avoir le réflexe de refuser d’intervenir.
Et une catégorie où un des deux protagoniste n’est pas en mesure de se débrouiller seul. Ce qui est particulièrement le cas lorsque l’autre se soustrait matériellement à lui soit en se dissimulant tout le temps, soit en déniant, soit en s’enfuyant soit en l’assassinant lâchement ou par surprise
Ce n’est que face à cette seconde catégorie de litiges que les tiers devraient se sentir le devoir d’intervenir.

Quand une personne se retrouve à une terrasse de café et s’y fait insulter par une autre, ivre ou pas, ça figure le cas de deux personnes en mesure de se démerder seules et nous devrions refuser d’intervenir. Il est absurde que nos tribunaux soient engorgés de cas pareils.


Dans bien des litiges, par exemple entre conjoints ou entre employeurs et employés, les tiers devraient proposer par exemple une première intervention allant à dire « Nous prenons acte de votre dispute et nous vous donnons un an pour régler votre affaire seuls. A défaut, dans un an, nous interviendrons complètement pour vous juger »



Sans ces précautions, nous avons tous beaucoup trop tendance à nous poser en juges, à nous croire indispensables alors que la plupart du temps, nous ne faisons qu’ajouter de la confusion et de la dramatisation.
DSK et Dialo ou Banon ? Nous aurions très bien pu convenir qu’il suffisait de les obliger à solder leur différend sur un ring, ne serait-ce que verbal.

Je veux dire qu’il aurait été bien plus simple de les obliger à exposer leur factum en public sans aucun besoin d’intervenir en plus pour incarcérer l’un ou l’autre.
Imaginons que DSK se retrouve donc face à ces femmes (en deux débats séparés, tout de même) et que chaque fois, les dires de ces femmes nous convainquent. Ne serait-ce pas suffisant pour que DSK soit désormais cramé et ne serait -il pas suffisant pour un homme qui prétendait à une gloire mondiale de se retrouver discrédité ?



Il y a bien des cas où un Organe tiers (Roi ou Cour de Justice) est indispensable. Mais il y a bien des cas où l’intervention de ce Tiers est une absurdité.




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