Sabine,
Les héros du dictionnaire selon P. Desproges
Quand ils ont fini
d’écrire des conneries dans le dictionnaire, à quoi servent les
académiciens ? À rien. À rien du tout.
Non mais regardez-les ! Voyez ces tristes spécimens de parasites de la
société qui trémoussent sans vergogne leur arrogance de
nantis sur les fauteuils vermoulus de l’Académie française. Voyez-les
glandouiller sans honte à l’heure même où des millions de
travailleurs de ce pays suent sang et eau dans nos usines, dans nos
bureaux, et même dans nos jardins où d’humbles femmes de la
terre arrachent sans gémir à la glèbe hostile les glorieuses feuilles
de scarole destinées à décorer les habits verts de ces
plésiosaures diminués qui souillent les bords de Seine du Quai Conti
du chevrotement comateux de leurs pensées séniles.
N’avez-vous pas honte, messieurs, de vous commettre ainsi dans cette assemblée de vieilles tiges creuses, rien dans la
cafetière, tout dans la coupole.
N’avez-vous pas honte, à vos âges, des grands garçons comme vous,
de vous déguiser périodiquement en guignols vert pomme
avec des chapeaux à plumes à la con et une épée de panoplie de Zorro ?
Est-il Dieu possible que des écrivains aussi sérieux que
vous passent leur temps à se demander s’il y a deux n à zigounette ?