Bonjour Fergus,
Oui j’amalgame ou plus exactement je vois un continuum d’attitudes, des plus étanches aux plus poreuses. Des plus têtues et réfractaires au plus conciliantes et soignables.
Parce que chacun recherche, à des degrés divers donc, le numéro de théâtre le plus adapté, il découle qu’il existe des millions de numéros qui se produisent sur commande (par exemple lors de bazar vaudou, lors de la mort de Timoniers) et qu’il y a des modes (L’arc hystérique de Charcot n’étant plus à la mode, on ne le voit quasiment plus)
Yeux révulsés, roulades par terre, arc hystérique, hurlements, crachats, chez quelqu’un vivant seul sur une île ?
Ca n’existe pas.
Et je pense qu’on installerait le plus théatraliste de nos grands malades sur une île déserte, trois jours après, il ne produira plus aucun numéro visuel.
Ce que je dis là est peut-être moins vrai pour les plus autistes de nos grands malades.
Parmi nos grands malades, il y a ceux qui, sans que qui que ce soit le sache, s’enferment dans leur cabane et gravent des millions de signes singuliers dans le bois ou la pierre. Ceux-là, les placer sur une îler déserte ne changera rien.
Mais placer chacune des « sorcières » de Salem sur une île, c’est en faire des femmes normales dès l’heure qui suit.
Les attitudes les plus théâtrales que ce soit en manière de Marilyn Monroe, de Lio, de Bernard Tapie, de Hugo Chavez, du Dalaï Lama, de Gandhi,de Hilary Clinton, de Saddam Hussein, de Francis Lalane, de Coluche, d’Yves Montand, de Nicolas Sarkozy, de Georges Marchais, de François Mitterrand, me semblent toujours liées à la présence de spectateurs pris à témoins et à partie. Sans le public, ils seraient méconnaissables.