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easy 7 janvier 2012 19:17
easy



Vous citez Jeanne-Victoire, qui a vécu en même temps que Victor Hugo

Je fais alors une remarque en termes de stratégie -consciente ou inconsciente- féministe (féminisme à prendre au sens large)

Cette autodidacte est donc allée à protester de la mise à l’écart des femmes sur le plan politique (aussi bien pour la penser que pour la réaliser). Instruit des enseignements de Nguyen Vo Giap, je qualifierais sa protestation de frontale.
Alors que longtemps avant elle bien des femmes avaient dirigé des états, le feu Robespierrien-bonapartiste et son contre feu Orléanais créaient, depuis la Révolution, une ambiance très tendue en combats de coqs peu propice à l’introduction des femmes dans le jeu des décisions.
Du coup, les femmes qui cherchaient à révolutionner les rapport H/F par la voie directe de la politique se sont trouvées obligées de battre pavillon politique, d’interpeller les politiques et ont régulièrement souffert de misère en fin de parcours. Tant Jeanne-Victoire que Louise Michel de 30 ans sa cadette, se sont retrouvées pourchassées par quelque Police.


A l’autre pôle des révoltées, se situaient des femmes qui, consciemment ou pas, jouaient une partition beaucoup moins frontale consistant à vivre directement et pour leur propre compte, une voie originale, non conforme, sans chercher pour autant à généraliser leurs avancées, sans s’annoncer anti conformiste. Cf George Sand, Marie d’Agoult

Et entre ces deux pôles, se trouvaient des femmes qui cherchaient à prouver quelque chose d’une manière généraliste « Toutes les femmes valent tous les hommes » mais sans tirer directement sur la moustache et les favoris des hommes politiques. Cf Julie-Victoire d’Aubié qui a surtout manoeuvré dans le domaine des études.

Au premier pôle, se trouvent donc des femmes ayant dit directement aux hommes de se pousser d’un cran et elles en ont bavé.
Au second pôle se trouvent des femmes qui effectuaient un travail de fond si profond que la politique par la république pouvait rester interdite aux femmes indéfiniment (Avant la révolution, il y a régulièrement eu des femmes au Pouvoir. Mais depuis, plus aucune sinon pour récolter les pièces jaunes et bricoler quelques fonds de SIDA) 

Et ce sont finalement les femmes du milieu, celles qui se sont contentées de grapiller diplôme après diplôme (sans avoir le droit de suivre les cours parfois) tant dans les langues que dans les sciences que dans l’aviation et les sports, qui ont scellé de manière probante donc incontestable le fait qu’elles avaient été très discriminées depuis 1789.


Acquérir un droit politique c’est difficile, ça fout le feu aux poudres et ça peut toujours être contesté.
Etablir ses capacités intellectuelles et physiques, c’est probant et définitif.


Le parallèle peut très bien être fait avec la négritude puisque vers 1794, nourris des déclarations abolitionnistes décidées à Paris ; les esclaves de France aux Antilles prétendirent non seulement s’affranchir mais même devenir capables de gouverner donc de décréter les îles (ou notre énorme Louisiane) indépendantes. Et bien Napoléon ayant flairé ce risque de dérappage a fait donner la troupe, il y a eu génocide en Guadeloupe et ce n’est que par la force que les Haïtiens ont conservé leur indépendance. 
Comme à l’époque les Noirs n’avaient pas encore prouvé leurs capacités intellectuelles, à quelques exceptions comme Joseph Bologne de Saint-George, leurs droits politiques pouvaient assez aisément être remis en cause. Jamais les Nègres n’avaient été considérés aussi stupides que pendant le siècle qui avait suivi la Révolution.
 
Un droit politique ou un droit tout court est toujours contestable. Il vaut donc mieux ne pas trop parler de droit, ne pas trop compter dessus et préférer établir constamment des faits probants de sa valeur.

A ce sujet, attention, car depuis Marie-Curie et Jacqueline Auriol, il y a eu plus de Belles siliconées et platinées que de Valérie André ou Claudie-Andrée Deshayes

Tu me diras que chez les hommes, c’est aussi la gonflette et le bling-bling qui aura prévalu


Autre chose à souligner.
Depuis 1945, nous allons au bisounoursisme, à la paix du Monde. Faut dire que l’affaire des missiles de Cuba nous avait foutu une grosse trouille. La perspective de guerre nucléaire, ça calme les ardeurs des Astérix.
Depuis 1945 et la Bombe, l’agresssivité est donc interdite. Ca ne nous empêche évidemment pas de faire la guerre mais désormais nous la faisons pour « la paix » et nos chars sont ornés de colombes.
J’ignore ce que ça va donner si demain des loups nous attaquaient mais je gage que dans les temps qui suivront une telle attaque, notre fond de sauce rhétorique sera plus pimenté.

En attendant, nous sommes à ce point interdits de testostérone que nous vivons une surenchère aux câlins où l’homme devrait avoir la main plus douce que celle de la femme et il se pourrait bien que dans mille ans, on nous considère comme ayant été dégénérés ou castrés par la Bombe.






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