Christian B vient d’écrire
« »« »« Ah, Si seulement, et seulement s’il n’y avait que de problème que Sarkozy et ses
sbires, ce serait facile.
Mais le problème est plus profond, l’indifférence, Le ’chacun pour soi et entre
soi’, le phénomène de caste, en gros la lâcheté individuelle, collective et
étatique, c’est cela qui fait élire les plus médiocres d’entre nous. »« »"
En effet.
Mais les éclairs de cynisme explicite qui jaillissent ici ou là, en particulier dans nos Assemblées qui ne se réclament pas spécialement de la générosité, ne traduisent que les débordements d’une situation globalement délétère dans laquelle nous avons tous des responsabilités, chacun dans la mesure de son niveau de pouvoir et de vote.
Parce que nous sommes en hiver, par chance plutôt doux, autant rappeler qu’outre l’action célébrissime de l’Abbé Pierre, il y a eu la démarche, sans égale depuis, de madame Hélène Larmier qui avait offert son luxueux hôtel à cette l’opération d’entraide.
Depuis 60 ans il y a eu pas mal d’autres pélerins au chapeau retourné vers le ciel tels Coluche, Mimi Mathy, Carole Bouquet, Josiane Balasko ou Cantona actuellement. Mais il n’y a plus jamais eu une autre Hélène Larmier (citons l’exceptionnelle générosité de monsieur Odon Vallet). Ca démontre que l’on croit de plus en plus fortement à l’hystérisation médiatique, mais que plus personne ne croit avoir d’abord le devoir d’ouvrir sa propre porte à la solidarité.
Résultat, nous hystérisons certes, nous tirons tous sur quelque sonnette d’alarme et Dieu sait si AVox offre cette opportunité, mais à l’autre bout de la sonnette d’alarme, il n’y a personne pour agir vraiment.
Brailler, transmettre les braillements, allonger à l’infini les listes de doléances, oui, nous savons le faire et le faisons de mieux en mieux, mais c’est tout ce que nous savons faire.
En principe, il faut une vigie pour lancer l’alerte puis mille personnes silencieuses pour porter les seaux.
Mais de nos jours, avec la Toile pour scène, le smartphone comme tirette et le pouce comme bras, il y a mille vigies pour scruter les horizons, filmer les incendies et lancer les cris d’orfraies, mais en bas, il n’y a quasiment plus personne pour porter les seaux
Comme ici il est particulièrement question du logement, autant en dire quelques mots plus précisément.
L’idéal serait bien entendu que chacun ait son logement. Mais quid alors de ceux qui ne pourraient pas s’en payer un, même s’il y en avait pléthore, parce qu’ils n’ont pas les revenus ad hoc.
Même si l’on savait construire des logements à 50 000 roros, le prix d’un camping car, il faudrait encore que nos sans logis les déboursent.
50 000 x 3 000 000 ça ne fait jamais que 150 000 000 000, une paille.
C’est autant de valeur ajoutée qu’il faudrait créer en partant de granit, en le taillant en menhirs et en les vendant
En attendant qu’apparaisse ce marché, il n’y a pas d’autre solution immédiate et d’urgence que la ligne de seaux d’eau, que l’entraide de solidarité à l’ancienne. Ceux qui ont un logement doivent donc ouvrir leur porte à des dépannages.
Hélas, surgit un problème qui est né précisément de la belle action de l’Abbé en 1954. Depuis cette époque, il est devenu de plus en plus difficile de dire à quelqu’un qu’on a dépanné d’un logement ou dont on a toléré 6 mois d’impayés, ce qui revient au même, qu’il doit libérer la place.
Depuis 1954, il y a une légalisation de l’incruste et les pressions sont de plus en plus fortes pour légaliser les squats.
C’est alors tout le charme du légalisme qui nous explose en pleine figure puisque plus personne n’ose refaire ce qu’avait fait Hélène Larmier
De nos jours, non seulement le boulot de tireur de sonnette semble être le plus facile et le plus valorisant, on ne compte plus les Imhotep, mais entreprendre de soigner un accidenté sur un bord de route peut aisément nous valoir procès. Je te dis pas s’il y avait à faire un bouche à bouche à une gamine, musulmane de surcroît.
En aucun cas, sauf à passer au communisme le plus fondamentaliste, il n’y aura de logements et de travail pour tous. Feindre croire que c’est possible sans entreprendre soi-même de fournir des emplois c’est de la mauvaise foi habituelle.
L’entraide reste et restera indispensable, quoi qu’on braille et qu’on fasse.
Mais aider est devenu extrêmement périlleux d’un point de vue légaliste dans tout pays bétonné de lois.
Trop de lois tuent l’humanité car le coeur agit en dehors de tout rigorisme et plus précisément là où la loi échoue. Ce n’est pas Aristides de Souza Mendès qui m’aurait dit le contraire.
Quiconque a déjà dépanné un inconnu en le logeant chez lui, en lui offrant un boulot, en partageant sa table, sait de quoi je parle.
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