Ici, on a abordé la question de la centralisation des ordres dans le camp japonais pour dire qu’elle n’était pas forcément parfaite.
L’Histoire serait assez facile à raconter si tous les évènements n’émanaient que d’une décision centrale.
En réalité, les agissements d’un camp relèvent très souvent d’un magma de décisions individuelles d’amiraux et de généraux.
Ici, il est surtout question de Mukden, pas trop éloigné du Japon et dont l’évènement se situe au début de l’expansionnisme japonais.
Mais au fil des années et des expansions, il est très souvent arrivé, surtout dans les endroits éloignés du Japon, que des évènements importants aient été décidés par des généraux japonais sans en référer à Tokyo. Ce fut en particulier le cas en Indochine.
Un historien, s’il veut offrir une vision claire, ira à éluder les divisions, tiraillements et agissements en électron libre dans chaque camp, pour donner l’impression que toutes les décisions émanaient d’un seul et même chef.
Or la réalité est beaucoup plus complexe et bien plus insaisissable. La réalité échappe au récit.
Même la guerre légendaire qu’Homère a écrite expose que dans le camp d’Agamennon, il y a eu bien des tiraillements et actes isolés lourds de conséquences.
Il y aurait une chose éclairante à faire qui consisterait, en partant de cas typiques, à montrer que si certains Chefs ont su exercer un contrôle quasiment total sur toutes les décisions, d’autres ont été régulièrement dépassés par leurs officiers. Souvent, mais pas toujours, pour des raisons d’éloignement et de difficultés de communication.
La décision de libérer Paris en 44 a totalement échappé à Eisenhower et Roosevelt. Si on raconte cet épisode en passant sur ce genre de détail, on délivre une vision simplifliée, trop parfaitement binaire assez éloignée de la réalité.
Et la décision de ne pas brûler Paris qu’a prise von Choltitz a, elle aussi, complètement échappé à Hitler.
Tiens, encore plus pointu : La charge de la cavalerie légère à Balaklava en 1854 s’est produite sous les yeux de généraux installés en hauteur qui ont été stupéfaits de voir que leurs ordres avaient été soit mal compris soit réinterprétés de façon suicidaire.
Concernant le terrorisme, puisque c’est le sujet d’études central de l’ODTE, c’est pareil.